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Un site toxique bloque une carrière

Le projet est freiné pour éviter la pollution de l’eau

Un site toxique bloque une carrière
Capture d'écran, Google Map

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Un projet de carrière de roc est bloqué à Mercier, en Montérégie, pour protéger l’eau des agriculteurs menacée par un dépotoir toxique abandonné.

La Commission de protection du territoire agricole (CPTAQ) a rendu cette semaine un avis contre la compagnie Agrégats Lefebvre, qui lui demande l’autorisation de creuser une carrière de roc en territoire agricole, à Mercier.

Pour la CPTAQ, le projet aurait « des impacts prévisibles sur les 32 puits agricoles localisés dans un rayon de 144 km2 ».

Elle estime que la carrière pourrait assécher les puits des agriculteurs voisins et provoquer la migration vers les terres agricoles des contaminants laissés dans le sol par un ancien dépotoir abandonné à Saint-Isidore, ville voisine de Mercier.

Le site connu sous le nom de dépotoir Sambault a été abandonné en 1995 par une entreprise privée. De fortes doses de contaminants, dont des hydrocarbures, s’y étendent sur 15 hectares, d’après les analyses du gouvernement fédéral qui en a aujourd’hui la responsabilité.

Or, pour extraire le roc non loin de Sambault, Agrégats Lefebvre veut dynamiter le sol et l’assécher en abaissant la nappe phréatique.

Cette opération viendrait « complètement bouleverser le système hydrogéologique de la région », explique l’écotoxicologue Daniel Green.

Bombe environnementale

La mairesse de Mercier, Lise Michaud, s’est réjouie de la position de la CPTAQ qui, selon elle, protège sa région d’« une véritable bombe à retardement environnementale » qui « aurait pu avoir de graves conséquences ».

Mais l’administrateur d’Agrégats Lefebvre, Raynald Théoret, ne compte pas en rester là. Il souligne que l’avis rendu cette semaine par la CPTAQ n’est pas une décision définitive et que son entreprise enverra rapidement une réplique aux commissaires.

Pour M. Green, l’avis de la CPTAQ confirme que le dépotoir Sambault, comme les nombreux autres sites toxiques, « est une contrainte au développement » qui peut s’étendre bien après le départ des pollueurs. En Montérégie, plus de 70 sites toxiques menacent l’eau.