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Infirmières à la recherche de solutions

Certaines se disent à bout de souffle, d’autres soutiennent être carrément abandonnées

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Quelque 80 infirmières et infirmiers ont marché dans les rues de Québec, samedi, pour dénoncer la situation « dégradante » dans laquelle ils disent être placés au quotidien.

Une bonne partie des manifestants s’est rassemblée au Petit Théâtre de Québec, sur la rue Saint-Vallier Ouest, pour se vider le cœur et lancer un appel aux autres infirmières du Québec. Les histoires d’épuisement professionnel, d’intimidation, de patients négligés par le manque de ressources et d’heures supplémentaires obligatoires se sont succédé.

« Le problème, c’est que les infirmières n’écrivent pas. Elles ne se racontent pas », a déclaré le professeur en anthropologie à l’Université Laval, Bernard Roy, qui a coécrit un livre sur la réalité des infirmières dans le Grand Nord québécois.

Essoufflées

Plusieurs infirmières n’ont pas hésité à prendre le micro pour partager leurs expériences avec leurs consœurs et confrères. Certains se disent à bout de souffle, d’autres soutiennent être carrément abandonnés par la Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ) et le ministère de la Santé.

« Pour moi, c’est comme si on ne pouvait pas compter sur eux et qu’on est laissés à nous-mêmes », a évoqué Simon, un infirmier.

Plusieurs infirmières et infirmiers portaient le double chapeau de représentant syndical, ce qui a soulevé la discussion autour de l’efficacité de leur syndicat.

« Il faut qu’on se pose la question sur un renouveau syndical, mais il ne faut pas oublier la force de cet outil-là pour notre gang. Il faut qu’on reste unis », a nuancé le professeur en soins infirmiers à l’Université Laval, Patrick Martin.

« On a crié fort »

La séance de discussion était précédée d’une marche qui a débuté devant l’Assemblée nationale pour s’achever deux kilomètres plus loin, au Petit Théâtre de Québec.

« On n’était pas beaucoup, mais l’important, c’est de se faire entendre. On a crié fort et je pense que le message est passé », a lancé Heidi Lepage, une infirmière et professeure à l’Université du Québec à Rimouski.

 

Les plaintes en hausse

Le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de la Capitale-Nationale a reçu près de 200 plaintes de plus que l’année précédente, en 2017.

Alors que 918 plaintes avaient été acheminées au CIUSSS en 2016, ce sont quelque 1104 patients insatisfaits qui se sont fait entendre en 2017, selon des chiffres obtenus par TVA Nouvelles en vertu de la Loi d’accès à l’information.

La hausse de ces plaintes est notamment visible du côté des soins et des services dispensés (+104 plaintes) et de l’accessibilité aux soins (+59 plaintes).

Cette tendance ne devrait pas s’inverser de sitôt, selon le président du Conseil pour la protection des malades, Paul Brunet.

« C’est le “fun” d’atteindre l’équilibre budgétaire, mais pas quand on s’amasse autant de monde contre soi-même. On est en train de battre le gouvernement sur la question de la santé parce qu’on n’a pas écouté le monde », a-t-il dit en entrevue à l’émission Québec matin à l’antenne de LCN.

– Agence QMI