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Les commanditaires d’Eugenie l’abandonnent

Ses performances sur le terrain risquent de lui faire perdre des millions

Présentement, Eugenie Bouchard peut miser entre autres sur le soutien d’une compagnie de barres énergétiques et fait la promotion d’un livre sur les bitcoin.
Photo tirée d'Instagram Présentement, Eugenie Bouchard peut miser entre autres sur le soutien d’une compagnie de barres énergétiques et fait la promotion d’un livre sur les bitcoin.

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Les déboires de la joueuse de tennis Eugenie Bouchard ne sont pas que sur les courts. Ses principaux commanditaires commencent à délaisser l’athlète, une situation peu surprenante selon des experts en marketing sportif.

« Pour [se maintenir], une marque de style de vie d’un athlète doit s’appuyer sur des performances sportives de qualité, explique le professeur André Richelieu de l’École supérieure de gestion de l’UQAM. [Dans son cas], les commanditaires ne veulent plus s’y associer, de peur d’être victimes d’un transfert d’image négatif. »

Au cours des derniers mois, l’athlète de 24 ans aurait perdu le soutien du raquettier Balobat, de la gamme de produits de nutrition Usana, de l’assureur Aviva et de Colgate, selon la journaliste Stephanie Myles du New York Times.

De plus, le contrat liant Bouchard à l’équipementier Nike est lié à ses performances sur le circuit de la WTA ; elle n’aurait donc rien touché le 1er mars dernier.

D’après Forbes, Bouchard a empoché 7,1 M$ en revenus l’an dernier, dont 6,5 M$ viendraient en grande partie de commandites. Seulement 600 000 $ de ses gains étaient des bourses amassées dans les tournois. Elle était alors la neuvième athlète féminine la mieux payée de la planète.

Présentement, Eugenie Bouchard peut miser entre autres sur le soutien d’une compagnie de barres énergétiques et fait la promotion d’un livre sur les bitcoin.
Photo tirée d'Instagram

Comme Kim Kardashian

Consultant indépendant en communication et marketing, Jean Gosselin croit que la 116e raquette mondiale pourra toutefois se rabattre sur sa notoriété, notamment acquise sur les réseaux sociaux, pour attirer de nouveaux commanditaires.

<b>Jean Gosselin</b></br>
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Jean Gosselin
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« Elle est une des premières sportives à avoir combiné à la fois la catégorie athlète et célébrité en même temps, analyse-t-il. Elle va entrer dans cette autre catégorie que sont les personnalités du divertissement, comme les Kim Kardashian ou Paris Hilton. Des gens qui par leur seule portée sur les réseaux sociaux représentent un avantage pour certaines marques. »

En ce sens, Bouchard a notamment diffusé deux publications commanditées sur son compte Instagram pour promouvoir des barres énergétiques et un livre sur la cryptomonnaie.

Pour le professeur Richelieu, ses activités hors des terrains l’empêchent cependant de mettre à profit son talent sportif.

« Ce n’est pas en passant son temps sur les réseaux sociaux qu’on marquera des points sur le court de tennis et que l’on construira un capital de marque fort », affirme-t-il.

Occupée

Après sa défaite au premier tour, à Indian Wells, la Montréalaise avait d’ailleurs admis ne pas avoir eu une préparation optimale en raison de ses engagements.

Le fait qu’elle ait été récemment larguée par son agent John Tobias de l’agence TLA — son quatrième changement depuis qu’elle a conquis la scène internationale en 2014 — cautionnerait la prudence pour un annonceur potentiel, soutient Jean Gosselin.

« C’est plutôt rare qu’un agent nous montre la porte. Je m’assurerais de valider comment fonctionne son entourage et comment elle aborde les dossiers commerciaux [avant de recommander une association] », avise-t-il.