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Éviter les risques causés par la pénurie

Plus de 30 000 postes en aéronautique seront à pourvoir d’ici 10 ans au Québec

Hugue Meloche
Photo courtoisie Le Groupe Meloche, qui fournit des composants d’aérostructures et d’aéromoteurs à Bombardier, Airbus et Boeing, investit 17,5 millions $ pour s’engager dans son virage Industriel 4.0. Le PDG du groupe, Hugue Meloche, ici dans son usine, s’inquiète des difficultés qu’il connaît à attirer les talents dans ses installations en périphérie de Montréal.

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La rareté de la main-d’œuvre dans le secteur phare québécois de l’aéronautique s’accentue rapidement au point de menacer la compétitivité québécoise.

« Le recrutement est très difficile, dit Hugue Meloche, PDG du Groupe Meloche qui fabrique des composantes usinées pour l’aéronautique et la défense. C’est notre défi numéro 1. C’est aussi notre risque principal. Si l’on ne trouve pas nos employés, ça peut mettre en péril de gros contrats que nous avons sur le long terme. »

Le défi d’attirer des talents est encore plus grand, dit le PDG, car ses usines se trouvent en périphérie de Montréal, à Bromont et à Salaberry-de-Valleyfield. « Pour ne pas être obligés de décaler des commandes, nous allons être forcés de revoir notre structure de rémunération. On a au moins une cinquantaine de postes à combler en ce moment. »

Mêmes défis chez les géants

Même CAE, un leader mondial dans les simulateurs et dans l’entraînement pour l’aviation civile et la défense, est aux prises avec le même problème de pénurie de main-d’œuvre.

« Nous avons environ 200 postes à combler, dont la moitié en ingénierie », explique Pascale Alpha, directrice des communications mondiales. « Nous sommes en croissance, mais nous sommes confrontés à la concurrence directe des autres entreprises de haute technologie, comme l’industrie des jeux vidéo. »

Stagiaires

Pour tenter de recruter le maximum d’employés, l’entreprise accueille environ 200 stagiaires par année qu’elle essaye de garder avec elle. En rénovant ses espaces de travail et en offrant des programmes de formation à l’interne, CAE tente d’attirer les jeunes.

Un grave problème

Selon Suzanne M. Benoît, présidente-directrice générale d’Aéro Montréal, un regroupement de l’industrie aéronautique, « les problèmes de recrutement actuels vont sûrement s’amplifier. Nous avons de gros défis devant nous. Des défis de transfert des connaissances, à cause des départs à la retraite et de gros défis de recrutement. Des emplois, il y en a plein de disponibles ! Même si nous sommes le secteur manufacturier avec les salaires les plus élevés. »

Selon Mme Benoît, il va falloir compter sur l’immigration pour combler tous les emplois, car le bassin de population actuel au Québec ne sera pas suffisant pour combler la demande.

Situation de l’emploi en aéronautique

  • 40 000 emplois en aéronautique au Québec présentement occupés
  • 31 681 emplois seront à combler d’ici 10 ans
  • 22 865 emplois seront à remplacer (promotions, retraites, départs, etc.)
Source : Aéro Montréal