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Héma-Québec doit éliminer 80 % du sang de cordon qu’elle prélève

L’an dernier, 2530 des 3124 dons ont dû être supprimés

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Plus de 80 % des dons de sang de cordon ombilical, utilisés notamment pour guérir la leucémie, sont éliminés par Héma-Québec parce qu’ils ne correspondent pas aux critères de sélection, a appris l’Agence QMI.

Selon des données obtenues grâce à la Loi d’accès à l’information, la proportion de dons rejetés ne cesse d’augmenter depuis dix ans au Québec. En 2007, 56 % des dons étaient rejetés, alors qu’en 2017, cette proportion a grimpé à 81 %.

Par exemple, l’an dernier, 2530 des 3124 dons ont dû être supprimés et ne serviront donc jamais.

Selon Héma-Québec, qui a ouvert la banque de cordon ombilical en 2004, il s’agit d’un taux de rejet normal qui s’apparente à celui observé ailleurs dans le monde.

« L’explication est biologique : le nombre de cellules dans un sang de cordon est variable d’une donneuse à l’autre », a indiqué le porte-parole d’Héma-Québec, Laurent-Paul Ménard, en entrevue avec l’Agence QMI.

« Si un sang de cordon compte un nombre insuffisant de cellules, il ne sera tout simplement jamais sélectionné pour une greffe », a-t-il ajouté.

Le taux de destruction du sang de cordon ne serait donc pas attribuable à un manque d’expertise, précise Héma-Québec, mais plutôt à des caractéristiques biologiques qui varient d’une femme à l’autre.

Hausse du taux de rejet

Par ailleurs, l’augmentation du taux de rejet dans la dernière décennie serait attribuable aux conditions d’admissibilité du sang aujourd’hui plus sévères, assure l’organisme.

De 2007 à 2012, alors que le taux de rejet oscillait entre 56 % et 61 %, le nombre minimum de cellules par unité de sang était de 0,9 milliard. Aujourd’hui, ce taux est de 1,5 milliard de cellules par unité sanguine.

« Les produits de sang de cordon sont greffés à des patients dont la condition de santé est très précaire.

Par conséquent, toute banque de sang doit établir des critères minimaux pour maximiser la réussite de la greffe », a précisé M. Ménard.

Héma-Québec est toutefois moins exigeant avec le sang provenant des groupes ethniques sous-représentés, pour qui la concentration de cellule exigée en 2017 était de 1,1 milliard par unité.

La rareté des dons provenant de cette population ne permet pas d’instaurer des règles aussi strictes.

Cette concentration s’avère néanmoins « acceptable », indique Héma-Québec, sans être optimale.