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La KHL roule sur les controverses

Le SKA de Saint-Pétersbourg, dont est membre le défenseur Slava Voynov, bénéficierait d’un traitement favorable de la part de la KHL.
Photo d’archives Le SKA de Saint-Pétersbourg, dont est membre le défenseur Slava Voynov, bénéficierait d’un traitement favorable de la part de la KHL.

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C’est un secret de polichinelle en Russie et pour les lecteurs de cette chronique depuis un moment, mais la saison de la Ligue continentale de hockey est truquée pour que le SKA de Saint-Pétersbourg remporte le titre une fois de plus.

Être possédée par le géant du gaz naturel Gazprom et compter sur plusieurs membres de l’entourage de Vladimir Poutine au sein de la direction ont toujours été un gage de succès pour l’équipe de la ville natale du président. Mais pour cette année olympique, la ligue en a fait un peu plus pour s’assurer que le SKA soit intouchable.

Au signal de Poutine, la ligue a décidé de laisser tomber le modèle de la Ligue nationale de hockey duquel elle s’est inspirée depuis sa création, pour adopter la vieille philosophie soviétique pour construire une super équipe au profit de l’équipe nationale.

Cette équipe allait être le SKA, bien sûr. Qui d’autre que l’équipe possédée par Gennady Timchenko, un ami proche de Poutine, l’un des hommes les plus riches de Russie, le président du Conseil d’administration de la KHL et, par le fait même, le vrai patron du président de la KHL ?

Quelle franchise autre que celle qui compte Sergey Naryshkin, le chef du Service des renseignements extérieurs de la Fédération de Russie, comme partisan ?

Aucun suspense

Alors, de façon prévisible, la saison 2017-2018 de la KHL n’a créé aucun suspense, à tout le moins au sommet du classement. Mais même pour le partisan russe blasé, le statut privilégié du SKA cette année est un peu trop exagéré, puisque les arbitres ont souvent dépassé les limites de leur mandat pour assurer que l’équipe profite d’un maximum de confort au sommet de la chaîne alimentaire.

La situation, largement connue et faiblement critiquée dans les cercles du hockey russe, a été exacerbée lors du premier tour des séries éliminatoires de la coupe Gagarine. Le SKA affronte le méconnu Severstal de Tcherepovets, une équipe représentant une ville industrielle du Nord qui est si banale depuis quelques années que la KHL considère la retirer de la ligue.

Avec rien à perdre et tentant de donner à ses fameux partisans loyaux un dernier spectacle, le Severstal a eu l’audace de se défendre durement contre les favoris.

Le SKA a mal paru dans le premier match, une journée après avoir participé en masse à un rassemblement politique de Poutine en vue des élections. Un effort exemplaire des arbitres a été nécessaire, décernant 24 minutes de pénalité au Severstal, contre aucune au SKA, dont deux jeux de puissance en prolongation, pour finalement obtenir le « bon résultat ».

Décision bien pire

Une décision bien pire est survenue dans le troisième match, après que le Severstal a forcé encore une fois la prolongation. Le but gagnant du SKA a été inscrit à la suite d’un hors-jeu évident, mais a été accordé même après la reprise vidéo.

Pendant qu’une intervention divine semble être nécessaire pour battre l’équipe de Poutine, les autres séries de l’Association de l’Est ne fournissent pas plus de suspense.

Trois des quatre duels se sont conclus par des balayages en quatre matchs, et l’autre s’est terminé en cinq parties, alors que le HC Sotchi a réussi à remporter un affrontement contre le Jokerit de Helsinki, grâce à un filet en prolongation du Canadien Sean Collins.

L’Association de l’Est est beaucoup plus intéressante, alors qu’aucune des séries n’était pas terminée vendredi. La série la plus excitante est celle entre l’Avtomobilist Iekaterinbourg et le Metallourg Magnitogorsk, deux clubs de la région de l’Oural.

Le Metallourg a remporté les deux premiers matchs, le deuxième grâce à deux filets de Wojtek Wolski pour compléter une remontée en troisième période. L’Avtomobilist a ensuite gagné les deux suivants, Francis Paré marquant le but de la victoire dans le quatrième duel.

C’est dans l’Est où tout le hockey de la KHL se joue ces temps-ci, tandis que les résultats dans l’Ouest sont apparemment prédéterminés. Telle est la Russie de Poutine. Au moins, la stratégie valait le coup pour battre les dangereux Allemands pour l’or aux Jeux olympiques de Pyeongchang.

KHL’s BLOODSPORT

Andrei Kovalenko, un ancien du Canadien et présentement à la tête de l’Association des joueurs de la KHL, a joué dans une ligue de garage vendredi, et ça ne s’est pas bien passé. Il a frappé un arbitre, lui passant le K.-O, ce qui a entraîné une commotion et des menaces de poursuite. L’arbitre se trouvait à être également un inspecteur de la Fédération de Russie de hockey sur glace. Comme explication, Kovalenko a dit que tout le monde détestait les arbitres cette année puisqu’ils n’avaient plus aucune crédibilité auprès des partisans. Ce pourrait bien être vrai, mais il semble que le coup de poing de Kovalenko aurait pu être plus efficace en visant une personne différente, à plusieurs échelons de paie au-dessus de cet inspecteur.

Le chiffre de la semaine : 188

Le nombre de minutes de pénalité par le Neftekhimik de Nijnekamsk dans le troisième match de leur série quart de finale de l’Est. Avec quelques secondes à jouer dans une défaite de 3 à 2 contre le Traktor, Andrei Dirty Naz Nazarov, l’entraîneur du Neftekhimik, a mis ses pugilistes sur la glace, ce qui a été à l’origine d’une mêlée générale. Nazarov est entraîneur dans la KHL depuis 10 ans et il produit ce genre de scandale partout où il passe, mais la ligue semble le considérer comme un bon élément de marketing, alors aucune sanction ne lui est jamais décernée.