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Le printemps arrive avec le nouvel album de Fanny Bloom

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Telle une Punxsutawney Phil musicale, Fanny Bloom annonce le retour du beau temps, des terrasses et des 5 à 7 qui s’étirent avec Liqueur, un album pop tout en chaleur et subtilité.

Fanny Bloom

★★★★

Photo courtoisie

Liqueur

Point de rencontre entre la pop fluo de Pan (2014) et le ton solennel de son LP homonyme (2016) d’adaptations minimalistes de son propre répertoire, Liqueur est moins criard que le premier et plus enjoué que le second. Bref, un dosage astucieux (et un jeu de mots vraiment lourd avec le champ lexical de la boisson gazeuse).

Pop tendance

Aussi à souligner : Bloom et ses collaborateurs (ses ex-compatriotes de La Patère Rose Julien Harbec et Thomas Hébert) ont bien fait leurs devoirs. D’où les mélodies tendance, sans être tendancieuses, de l’œuvre.

La langoureuse pièce-titre, avec ses références vaporwave, ­accompagnerait bien The Weeknd sur une liste d’écoute.

Du bon boulot, quoi.

Pas si innocente

Malgré les apparences, Liqueur n’est pas que pop hop-la-vie et sous-­entendus coquins...

Au réveil, par exemple, « dénonce » la société du ­paraître, surtout lorsqu’il est question des femmes. « Dénonce » entre ­g­uillemets, parce qu’on est à des kilomètres de la charge de Bikini Kill, disons, mais l’intention est là et, surtout, sincère.

Plus de pièces du genre auraient d’ailleurs été intéressantes.

La seule « ombre » au tableau aura été de mentionner les Red Hot Chili Peppers sur Jaser, jaser. Ouache !

Plus sérieusement, Bloom livre ici le meilleur album de sa carrière. Bravo !

Eddy de Pretto

★★★

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Cure

Sensation hexagonale depuis des mois, le chanteur et rappeur Eddy de Pretto propose finalement un premier album qui... surprend. Tout ça pour ça ? Vraiment ? Sans être mauvais – loin de là, les fans de Stromae et Pierre Lapointe, par exemple, vont adorer –, Cure n’est toutefois pas à la hauteur de l’effervescence (on se calme avec les rapprochements vers Brel). Pour paraphraser Libération : c’est de la pop incroyablement de son époque et du rap pour les mélomanes qui n’en écoutent pas habituellement. Bien fait, donc, mais ne crions pas au génie... tout de suite.

Suuns

★★★ ½

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Felt

Un peu plus de dix ans après sa création (déjà !), le combo post-rock montréalais innove en proposant une nouvelle facture musicale à l’image du titre de ce quatrième album : feutré. Sans montrer la porte à ses réflexes électro-kraut-rock-aussi-­carré-que-sombre, le quatuor flirte de plus en plus avec des ­constructions et des aspirations un brin plus ­doucereuses sans toutefois frelater la nature du projet. Un beau risque, quoi. Bien joué.

Random Recipe

★★★

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Distractions

Autrefois hyperactif, le combo pop rap s’est fait discret au cours des dernières années et surprend donc avec ce quatrième opus, suivant Kill The Hook, paru il y a cinq ans déjà. Plus concentré que son prédécesseur (autant en nombre de pièces qu’en rythmiques plus dynamisées), ­Distractions démontre toutefois que le projet n’a rien perdu de son désir ­d’exploration musicale (le steeldrum sur Strawberry Daiquiri et la très funky Fight The Feeling en ­témoignent, d’ailleurs). Pas ­renversant, mais très plaisant.

 

Coup de coeur

 

La brigade des mœurs

★★★★

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Samedi créatifs

Incroyable, mais vrai : malgré le succès viral de Death Grips, peu de rappeurs québécois singent le projet. Loin de moi, toutefois, l’idée d’avancer que ce duo local – formé par Maître Jouissance et Jeune Chilly Gilles – s’inspire directement de la troupe américaine, mais les textes engagés (et, surtout, bien foutus), ainsi que les rythmiques rock, font tout de même écho au groupe culte. Vous aimez Black ­Skinhead de Kanye West ? Vous allez capoter en écoutant Pierre Légaré. Une œuvre d’ici ­aussi originale que polarisante, donc. Personnellement, je suis ­agréablement surpris !