/lifestyle/psycho
Navigation

Les mains et la communication non verbale

Les mains et la communication non verbale
illustration fotolia

Coup d'oeil sur cet article

Nos mains nous rendent de fiers services et on oublie parfois d’en prendre soin, surtout l’hiver. Elles communiquent par des gestes, elles accomplissent mille et une tâches, elles peuvent peindre, dessiner, jouer d’un instrument, écrire, sculpter, opérer, faire à manger ou le ménage. En plus, elles révèlent nos sentiments et pourraient adoucir les souffrances de ceux qu’on aime.

1. Les poignées de main. Évidemment, un jour ou l’autre, on a donné ou reçu une poignée de main désagréable. Soit on était nerveux et on avait les mains moites, soit l’autre avait une façon de serrer la main qui en disait long sur son tempérament ou son état ! Bref, on sait qu’il est préférable d’avoir une poignée de main chaleureuse, plutôt ferme et franche, que molle et doucereuse. Mais à part ça...

2. Une conversation sans mains. Au cours d’une conversation avec un proche, croisez vos mains derrière votre dos et continuez de parler comme si de rien n’était. Après quelques minutes, demandez à votre interlocuteur s’il se sentait à l’aise pendant les dernières minutes. S’il est un intime, il vous dira certainement qu’il a ressenti un malaise, affirme Joe Navarro, ex-agent du FBI aujourd’hui spécialisé en communication non verbale. Idéalement, nos gestes accompagnent ce qu’on transmet verbalement.

3. Pourquoi ce besoin de joindre la parole au geste ? Selon Nikola Vukovic, chercheur en neurosciences aux Pays-Bas, les zones cérébrales du langage et celles des mains seraient liées. Ainsi, lorsqu’on dit « jeter », « prendre », « pousser » ou tout autre verbe d’action, on est enclin à « gestualiser » notre parole. Nos mains sont automatiquement impliquées, sans volonté de notre part. Si l’on s’efforce de ne pas les bouger, on y arrive, mais mentalement, on fait le geste.

4. Les mains sont des messagères. Joignez vos mains vers le ciel, vos paumes ne se touchent pas, vos doigts sont croisés ou appuyés l’un sur l’autre (index contre index...), c’est ainsi que vous enverrez à un interlocuteur le message que vous avez la capacité de trouver des solutions à tout problème, un message de confiance. On appelle cela « steepling » (je n’ai pas trouvé la traduction), c’est un geste observable chez certains politiciens. Si vous souhaitez voir des photos, recherchez « steepling politicians », à l’onglet « images » sur Google. Barack Obama, Winston Churchill et Mikhail Gorbachev faisaient souvent ce geste.

5. À propos de soi. Nos mains reflètent nos états d’âme. Ainsi, si vous ressentez le besoin de vous frotter beaucoup les mains, en faisant une sorte d’automassage, vous êtes probablement dans une période de tension. Il faut vous détendre. Si vos mains sont largement ouvertes, les doigts plutôt indépendants les uns des autres, surtout les pouces paraît-il, vous êtes confiant en la vie et en vos capacités. Nos mains nous informent également sur le temps que nous prenons pour nous : une manucure fait toujours du bien au moral.

6. Les gauchers. Depuis 500 000 ans, le taux de gauchers dans la population est d’environ 10 %, dit Daniel M. Abrams dans une vidéo Ted-Ed. Ce taux grimpe un peu si l’un des deux parents est gaucher ou si les deux le sont, mais on ne dépasse pas les 25 %. J’ai toujours eu cette lubie que les gauchers étaient des gens plus imaginatifs, je ne sais pas si c’est vrai, mais ils ont, paraît-il, des avantages en situation de combat. Comme la majorité est droitière, les manœuvres sont conçues par les droitiers et pour les droitiers, les gauchers peuvent donc surprendre leur adversaire plus facilement... et gagner ! Ainsi, au baseball, en moyenne, 50 % des meilleurs lanceurs seraient gauchers.

7. Un peu d’exercice. Comme on ne connaît pas le futur et les capacités que nous aurons en vieillissant, ce n’est pas bête d’exercer sa main la moins habile. Un petit défi : prenez simplement votre tasse de café ou de thé avec votre main passive. De même, on peut se brosser les dents avec cette main qu’on dit gauche. Pour ne pas perdre la souplesse de nos doigts, on peut également prendre l’habitude de faire tourner chacun de nos doigts en cercle, cinq fois vers la droite, cinq fois vers la gauche, tous les jours.

8. Abaisser la douleur par les mains. Le chercheur Pavel Goldstein et des collaborateurs ont mené des études sur les bienfaits du toucher. Les participants (une vingtaine de jeunes couples hétérosexuels) se trouvaient dans diverses situations : dans différentes pièces, dans une même pièce sans se toucher, dans une même pièce où ils se prenaient par la main. On infligeait une douleur à la femme et on observait ce qui se passait dans les cerveaux des deux. Quand les couples se prenaient par les mains, les ondes cérébrales se mettaient au même diapason et la douleur ressentie diminuait. En plus, dans les cas de partenaires hommes très empathiques, la douleur ressentie par la femme diminuait encore davantage. Ce sont des choses qu’on imagine aisément, mais que les scientifiques ont besoin de prouver. Tenir la main de quelqu’un qu’on aime et qui souffre aurait donc un effet analgésique réel. On le saura. Adieu Aspirin.