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Mais où le PQ prend-il ses chiffres ?

André Villeneuve
Photo Jean-François Desgagnés

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Débusquer les fausses nouvelles, vérifier les déclarations des politiciens, trouver les vrais chiffres : les recherchistes de notre Bureau d’enquête, basées à Montréal, Québec et Ottawa, sont des expertes dans l’art de rétablir les faits. Chaque samedi, elles vous présentent leurs trouvailles pour vous permettre d’y voir plus clair dans l’actualité de la semaine.


L'énoncé

Cette semaine, le député du Parti québécois (PQ) André Villeneuve a promis, en vue des élections d’octobre, la création d’une nouvelle « escouade d’inspections des aliments » au ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ).

Cette escouade devra s’assurer de la qualité des produits consommés au Québec.

Pour le PQ, cet investissement est nécessaire puisque les organismes fédéraux qui sont responsables de faire les vérifications effectuent des inspections sur seulement 2 % des produits qui sont sur nos tablettes. Mais est-ce bien le cas ?

Les faits

Les deux organismes gouvernementaux mandatés à la surveillance de la nourriture qui se retrouve dans nos assiettes, l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) et le MAPAQ, racontent ne pas comprendre où le PQ a pris ses chiffres.

L’ACIA explique ne pas pouvoir infirmer ou confirmer le 2 % puisque ses statistiques ne sont pas compilées en fonction du total des aliments présents sur nos tablettes, mais bien en fonction de ceux qui sont inspectés.

Questionnée sur le sujet, l’attachée de presse du PQ, Valérie Chamula, nous a fait parvenir un article datant de 2012 publié dans La Presse pour confirmer la statistique.

À l’époque, le chiffre avait été avancé par Raphaël Tarasco, vice-président directeur du Syndicat de l’agriculture qui représente les employés de l’ACIA.

Hier, le porte-parole de ce syndicat n’a pas rappelé Le Journal. Impossible donc de savoir d’où provient le fameux 2 %, et si cette donnée est toujours actuelle.

Comme quoi les vieux chiffres peuvent toujours servir pour de nouvelles promesses.