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Moins productifs depuis longtemps

Moins productifs depuis longtemps
Photo d'archives, Simon Clark

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Débusquer les fausses nouvelles, vérifier les déclarations des politiciens, trouver les vrais chiffres : les recherchistes de notre Bureau d’enquête, basées à Montréal, Québec et Ottawa, sont des expertes dans l’art de rétablir les faits. Chaque samedi, elles vous présentent leurs trouvailles pour vous permettre d’y voir plus clair dans l’actualité de la semaine.


L'énoncé

Réagissant à la sortie du rapport dévastateur qui révèle que la hausse de la rémunération des médecins s’est soldée par une baisse importante de productivité depuis 10 ans, le premier ministre du Québec Philippe Couillard a soutenu que le phénomène n’est pas nouveau.

« Si vous regardez des articles en 2002, 2003, 2004, on a toujours nommé ce phénomène au Québec », a-t-il dit.

Les faits

En analysant les milliers d’articles publiés dans les journaux québécois entre 2001 et 2005, on constate que M. Couillard a partiellement raison.

Au début des années 2000, les médecins ont fait couler beaucoup d’encre. Les enjeux, bien que variés, portaient principalement sur l’écart salarial entre les médecins québécois et ceux du reste du Canada, l’exode des médecins aux États-Unis et leur attrait en région.

Certains articles ont bel et bien été consacrés à la quantité de travail des médecins.

Par exemple, ce reportage du Devoir, publié en décembre 2002, cite des données de l’Institut canadien d’information sur la santé, qui indiquent qu’en « 20 ans, le temps que le médecin de famille consacre à ses patients a rétréci comme peau de chagrin », surtout parce que les femmes médecins souhaitent consacrer plus de temps à leur famille.

Soulignons également qu’en novembre 2004, le cabinet de M. Couillard, alors ministre de la Santé, affirmait au Devoir que « pour que le gouvernement consente à hausser la rémunération des médecins, l’augmentation [devra] correspondre à une amélioration des services pour les patients ».