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Revers en cour pour le «pilote des stars»

Il est accusé de sabotage de lignes d’Hydro-Québec

Le pilote Normand Dubé était présent au palais de justice de Saint-Jérôme, hier.
Photo Hugo Joncas Le pilote Normand Dubé était présent au palais de justice de Saint-Jérôme, hier.

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Dure semaine pour le « pilote des stars », qui a échoué à faire rejeter un témoin expert et des éléments de preuve clés dans le cadre de son procès pour le sabotage de lignes d’Hydro-Québec, fin 2014.

L’avocat de Normand Dubé a tenté sans succès hier d’empêcher le témoignage d’un scientifique spécialisé dans la sécurité des lignes à haute tension.

La Couronne pourra donc se servir de l’opinion du chercheur à l’Institut de recherche d’Hydro-Québec (IREQ), Duc-Hai Nguyen, pour élaborer sa preuve contre le pilote.

Suivi au radar

Mardi, au palais de justice de Saint-Jérôme, l’avocat de Normand Dubé avait aussi tenté de faire rejeter une autre preuve présentée par la Couronne, basée sur le repérage radar d’un avion non identifié par Nav Canada, l’entreprise chargée de réguler le trafic aérien au pays.

Me Maxime Chevalier invoquait le droit à la vie privée de son client, souvent employé comme pilote d’hélicoptère par de gros noms du showbiz québécois, comme Gaston Lepage et Normand Brathwaite.

Le juge a cependant rejeté ses arguments et permis à la poursuite de procéder. La preuve révèle qu’un petit avion est passé près d’une ligne à haute tension de Mirabel le jour où elle est tombée en panne, le 4 décembre 2014.

L’aéronef est ensuite allé se poser à Sainte-Anne-des-Plaines, ville des Laurentides où se trouve le hangar de Dubé.

Litige de sept ans

La Couronne a aussi présenté le témoignage d’un avocat de la société d’État, Louis Prévost. Il est venu expliquer comment un litige entre Hydro-Québec et Dubé s’est étiré de 2002 à 2009.

Hydro-Québec voulait accéder à l’une de ses lignes électriques, qui passe sur le terrain du pilote. Mais Dubé a toujours refusé, et en 2009, la société d’État a fini par négocier une entente avec son voisin, dont la ligne jouxte le terrain.

La défense avait tenté sans succès de faire exclure ce témoignage, craignant que la Couronne ne tente ainsi de dépeindre Dubé comme un individu quérulent.


♦ La cour nous interdit d’expliquer comment le pilote aurait commis les méfaits allégués, au nom de la sécurité nationale.


♦ Les pannes que la Couronne lui attribue ont plongé près de 200 000 personnes dans le noir, les 4 et 5 décembre 2014.