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Un des coups les plus durs

Un des coups les plus durs
Illustration Nathalie Samson

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Je suis maintenant convaincu que ma fille est en mission pour me faire prendre un coup de vieux...

Le week-end dernier, en revenant d’un show à Drummondville, encore plein d’adrénaline, je décide de faire le tour de mes réseaux sociaux avant de me coucher.

Que vois-je sur Instagram ? Ma fille qui a diffusé une vidéo d’elle en train de conduire l’auto d’un de ses amis. Comme elle n’en est qu’à ses débuts dans son cours de conduite, ils étaient dans un stationnement vide. Mais ça n’a pas amoindri l’explosion dans ma tête.

Ma fille conduit. Quel choc !

J’ai vécu un cocktail émotif. Un mélange de fierté, de stress, de bonheur pour elle et une certaine tristesse de mon côté. Je l’ai appelée le lendemain pour lui dire que j’avais vu son périple et je suis tombé sur une ado qui était juste trop excitée de sa nouvelle aventure. Constatant que j’étais tranquille au bout du fil, elle m’a demandé ce que je ressentais de voir ça. Je lui ai répondu : « Sincèrement, ça m’a mis à l’envers. Autant je suis content pour toi, autant je trouve ça génial de te voir grandir, autant je me dis que c’est un cordon de plus qui se rompt. » En fait, c’est comme si j’avais littéralement entendu la corde se rompre.

Les petits moments doux

« Tu devrais être content papa, tu n’auras plus besoin de me conduire partout. Je vais pouvoir me déplacer moi-même... avec la nouvelle voiture que tu vas m’acheter (gros rire) ! » Pour la voiture, on en reparlera. Mais oui, le plus dur dans tout ça, c’est ce foutu cordon qui ne tient maintenant que par quelques ficelles.

Ces moments où je vais la reconduire quelque part, j’y tiens. Ce sont de brefs apartés dans nos vies où on a l’occasion de rattraper le temps qui file. On peut parler de nos projets ou planifier nos vacances. Une autre dure réalité à assimiler.

Lorsque tu deviens parent, tout se déroule lentement. Durant les premiers mois, voir les premières années, les grands bouleversements se résument aux premiers pas, aux premiers mots prononcés. Quand ils sont à l’école primaire, tu vois leur univers s’agrandir, mais le tout se fait en conservant une certaine innocence. La jungle du secondaire arrive et tu dois accepter cette nouvelle réalité parentale. C’est les premiers partys, les premiers chums, les premières vraies discussions sur la vie.

Vitesse grand V

Mais là je trouve que ça déboule rapidement.

Depuis la sortie de notre série Max et Livia à Vrak, je savais bien que ma fille était maintenant une personnalité publique. J’ai vécu une grande fierté en lui donnant ce tremplin vers une nouvelle vie et ce que je souhaite être le début d’une belle carrière. Je n’ai aucune difficulté à accepter cette réalité-là.

Mais je n’avais jamais pris le temps de penser à l’impact que ça aurait sur moi en tant que père. Je réalise que mon enfant commence maintenant sa propre vie, exactement comme je l’ai fait moi-même il y a un bout de temps. Ma seule job, c’est d’être là quand elle a besoin de moi. Je n’avais juste pas réalisé que l’altruisme vient avec son lot de douleurs émotives.

Donc, go ma belle Livia ! Je te dis : envole-toi ! Je sais bien que tes ailes ont commencé à battre il y a longtemps. Et même si je sais que je serai toujours ton père, l’important, c’est que toi tu ne l’oublies jamais.