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8 mars, et après?

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Chaque année, même routine, les uns veulent abolir le 8 mars, les autres manifestent. Loin de moi de vouloir encore une fois expliquer à des collègues que les droits des femmes ne sont pas acquis partout et que, même au Québec, l’équité salariale n’est pas atteinte, que notre RQAP est discriminatoire envers le travail des femmes, bref, qu’il reste encore plein de bonnes raisons de faire du bruit. En fait, je voulais surtout indiquer que le 8 mars n’est qu’une journée, le travail se fait durant plusieurs années.

Femmes d’Espagne

Cette année, j’ai été surprise par l’ampleur de quelques démarches à travers le monde. Notamment, celle des femmes espagnoles. Elles ont décrété une grève générale de 24 h : pas de travail, pas de tâches ménagères. Il fallait voir les images provenant des salles de rédaction de grands médias complètement désertées, car les femmes ne se sont pas présentées au travail. Des femmes de tous les milieux, syndicaux, politiques — les maires de Madrid et de Barcelone ont appuyé —, médiatiques se sont donné rendez-vous dans les rues.

J’arrête tout de suite les rêveurs, une grève générale ne pourrait être légale au Québec, les syndicats ne peuvent faire la grève que lors des négociations de leurs conventions collectives.

Et après ?

Certes, la grève féministe générale espagnole a fait grand bruit. Cependant, les changements demandés sont loin d’être acquis : égalité dans les salaires, mesures plus efficaces contre les violences conjugales et les violences sexuelles. Que dire également des demandes des femmes en Arabie saoudite et en Iraq qui ont organisé des courses pour réclamer plus de libertés ?

Le problème réside dans le fait que les changements doivent venir du politique et également de la société civile, et parfois la symbiose est dure à atteindre. Féministe tant qu’il le faudra. Et malheureusement, il le faudra encore longtemps. Ces changements prennent du temps.