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Je suis en état de choc

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Vous me connaissez. J’ai le nationalisme aussi tiède que le fédéralisme mou. C’est dans cet état d’esprit que j’ai participé mercredi dernier à un panel sur le racisme au Québec, organisé par l’émission d’affaires publiques The Current à la radio de la CBC.

J’en suis sortie réusinée en Mathieu Bock-Côté.

La Commission sur le racisme systémique aurait ressemblé à cela : une séance d’attaques contre les Québécois. Dieu merci, Philippe Couillard a reculé.

Anecdotes

Les panélistes et le public étaient là pour raconter l’anecdote qui, croyaient-ils, allait démontrer le racisme des Québécois.

Panéliste, une jeune avocate en vue née de mère québécoise convertie à l’islam et de père érythréen a déclaré, pesant chaque mot, que les Québécois ont des comportements profondément racistes. Pardon ?

Oui, il y a des Québécois racistes, 16 % selon Léger. On en croise sur les réseaux sociaux. Ignorants et bêtes à manger du foin pour la plupart, ils sont aussi représentatifs des Québécois qu’Elvis Gratton. D’autres, plus « raffinés », ne beuglent pas leur racisme, mais mettent discrètement au panier le CV d’un Mohammed. Ce sont des imbéciles.

Les pires militent dans des groupes d’extrême droite qui ne se comparent ni en nombre ni en dangerosité à ce qui existe en Europe ou aux États-Unis. Doit-on rappeler qu’il n’y a pas de partis d’extrême droite, comme le Front national ou Jobbik au Québec ?

Hara-kiri ?

Ce soir-là, j’ai été confrontée à l’antiracisme, un racisme concocté dans les universités américaines, contre les Québécois.

Pour comprendre les Québécois de vieille souche, il faut connaître leur histoire. Leurs souffrances, le racisme dont ils ont été et sont encore victimes. Leurs victoires aussi. Mais les gens que j’ai entendus mercredi n’ont aucun intérêt pour le peuple québécois. Nous sommes majoritaires, nous sommes blancs et chrétiens. Nous sommes l’ennemi.

Une jeune femme noire s’est levée pour dénoncer la suprématie blanche au Québec, « source de tous les problèmes ». Une prof noire de McGill sur le panel a dit que les Québécois se servent de la langue comme excuse pour refuser des emplois aux « racisés ».

La jeune avocate s’est plainte d’avoir à faire du white passing, agir comme une blanche. Par exemple, se lisser les cheveux pour être acceptée.

Les femmes musulmanes n’étaient pas intéressées à notre rapport à la religion. Notre oppression par l’Église catholique ne les touche pas. Tout pour elles n’est que libertés individuelles. L’avocate a dit que si nous pouvions porter des costumes à l’Halloween, les musulmanes doivent pouvoir porter le niqab. Misère. Pures créatures du multiculturalisme canadien.

À Rome...

Elles l’affirment sans gêne : c’est à nous de nous adapter. Les « racisés » n’ont pas à adopter les normes des Blancs pour réussir. Commentaire bébête : si je vivais au Sénégal, je porterais des boubous.

Vers la fin, une dame juive s’est levée pour dire qu’elle aurait aimé qu’on parle de laïcité et d’islam politique. Elle s’est fait rabrouer par l’avocate musulmane : « Ce soir, ce n’est pas une plateforme pour les Blancs. Et arrêtez de parler d’islam politique. »

Ce n’est pas comme ça qu’on va combattre le racisme. (La suite demain)