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Cueilleur de fruits dans l’Ouest, il fait 20 000 $ en 2 mois et demi

Grâce à ça, il peut payer ses études et s’y concentrer pleinement.

Cueilleur de fruits dans l’Ouest, il fait 20 000 $ en 2 mois et demi
Josef Pichette-Lefebvre/Courtoisie

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Les sacro-saintes Rocheuses et les vallées fertiles de l’Ouest canadien ont fait rêver des générations de jeunes Québécois férus d’aventures, de bottes Merrell et de jobines en plein air.

Si le fantasme du backpacker cueilleur n’a duré qu’une saison pour plusieurs, dont moi le premier, le trip s’est avéré très enrichissant (dans tous les sens du mot) pour Josef Pichette-Lefebvre, un Sherbrookois de 25 ans. 

Un frog dans l’Ouest

Cueilleur de fruits dans l’Ouest, il fait 20 000 $ en 2 mois et demi
Courtoisie

C’est en 2012, alors qu’il était cégépien, que Josef a eu vent de l’eldorado britanno-colombien et de ses champs qui bourdonnent à l’accent de Canadiens français errants. «J’étais curieux et l’aventure m’appelait», explique-t-il.

Avec son diplôme en sciences naturelles en poche, l’athlète émérite et étudiant assidu était à bout de souffle et cherchait un changement de décor. «Quand j’ai commencé, je voulais surtout décrocher du quotidien et essayer de faire un peu de cash en même temps.»

Après un voyage de plus de 4000 kilomètres, il est arrivé à Penticton dans la vallée de l’Okanagan avec seulement 200 $ dans le baluchon et nulle part où aller. Une précarité qui ne le stressait pas trop.

N’étant pas le premier à débarquer dans le coin à l’improviste, on lui a conseillé de se diriger vers le nord à Naramata, où la demande de main-d’œuvre est importante durant la saison des cerises. Quand il est arrivé, une ferme l’a engagé sur-le-champ (au sens propre et figuré) et c’est ainsi que sa carrière de travailleur saisonnier a commencé.

La sueur de ton front ne vaut pas toujours celle du voisin

Naramata
Courtoisie
Naramata

Durant mon bref passage sur les terres de la Colombie-Britannique, j’ai compris le sens de l’expression «travailler à la sueur de son front». Si tu veux rentabiliser ton séjour, tu dois te lever tôt et suer ta vie.

Josef, le vétéran de la cueillette, confirme mes impressions. «Avec l’expérience, on développe une vitesse d’exécution qui nous permet de ne pas perdre de temps inutile. Dans ce métier, le temps, c’est vraiment de l’argent.»

Josef devant le fruit de son labeur.
Courtoisie
Josef devant le fruit de son labeur.

À ses débuts, il pouvait encaisser de 100 $ à 125 $ par jour. Pas si mal, mais quand le picker compare ce montant à ceux des dernières saisons, on change carrément de palier d’impôt. «Ma meilleure journée à mon premier été s’est soldée à 175 $. Maintenant, je serais déçu.»

Pour 44 jours de labeur consécutifs en 2017, Josef, qui termine des études en physiothérapie à l’Université de Sherbrooke, affirme avoir touché 10 000 $. (une moyenne de 230 $ la journée)

Il a rempli un peu plus ses coffres en se dirigeant vers le nord afin d’y planter des arbres. «En travaillant un mois de plus là-bas, je peux me faire un autre 10 000 $.»

Naramata
Courtoisie
Naramata

L’expérience est toutefois éprouvante pour Josef et ses compagnons de bûche. «On revient claqués de notre journée, mais toujours satisfaits d’avoir bien travaillé.»

Frugalité, petits plaisirs et satisfaction du travail accompli

Naramata (point de repère rouge) est pratiquement à mi-chemin entre Calgary et Vancouver.
Google Maps
Naramata (point de repère rouge) est pratiquement à mi-chemin entre Calgary et Vancouver.

«Nos effets personnels se limitent à quelques pièces de vêtements, une brosse à dents et une tente», lance-t-il en riant. Pour profiter intelligemment de ce rythme de vie, il faut savoir apprécier la simplicité. Au total, il estime qu’un été dans la vallée lui coûte entre 1000 $ et 1300 $. 

«On mange souvent la même chose et on paye 4 $ par jour pour utiliser le WiFi et les douches d’un camping.» Tout cela a pour effet de rehausser le plaisir des plus simples gâteries. «On a beau vivre de manière économe, des fois, une p’tite frette avec un bon souper, ça fait du bien!»

Pour lui, le fruit picking est devenu plus qu’une façon de financer ses études. «Travailler dans ce domaine-là a changé ma vie», déclare-t-il avec conviction. «Ça a complètement transformé la manière dont je vois le travail puisque c’est toi qui contrôles les paramètres qui déterminent si tu seras prolifique ou non au final.»


Pour les intéressés, ce site offre quelques conseils pratiques pour savoir à quoi s’en tenir et bien se préparer.

 

 

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