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État de choc 2

Maxime Bernier
Photo CHRISTOPHER NARDI Maxime Bernier

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Avant de commencer, ceci. Ma chronique d’hier portait sur le racisme. Les réactions ont porté sur l’immigration alors que ce mot n’apparaît nulle part dans le texte.

Combien de générations faut-il pour que les immigrants issus de minorités visibles soient considérés comme des Québécois ? Deux, cinq, jamais ? L’autre soir, une femme immigrante faisait remarquer qu’elle se dit Québécoise, mais que tous ne sont pas d’accord. Elle pleurait.

Que dire du racisme systémique envers les Premières Nations : va-t-on leur dire de rentrer chez eux s’ils ne sont pas contents ?

L’intégration est un chemin à deux sens. Le péché des autres n’absout pas le nôtre : 1,6 million de Québécois se considèrent comme racistes (le 16 % du sondage Léger).

Maxime Bernier accusé

L’affaire est passée sous le radar au Québec. Le député conservateur Maxime Bernier s’est retrouvé au centre d’un échange « épicé » sur Twitter avec la députée libérale noire Celina Caesar-Chavannes.

Au lendemain du budget fédéral, Bernier n’a pas apprécié que le ministre de l’Immigration Ahmed Hussen, né en Somalie, tweete qu’il s’agissait d’un budget « historique pour les Canadiens racisés ».

Bernier n’a pas aimé pas ce « jargon » qui divise, « préférant vivre dans une société qui traite les gens de manière égale sans être définis par la couleur de leur peau. »

Ce qui me rappelle le discours

I have a dream de Martin Luther King : « Une nation où ils ne seront pas jugés sur la couleur de leur peau, mais sur la valeur de leur caractère. »

Madame Caesar-Chavannes a remis le député à sa place. « S’il vous plaît, dites à cet homme hautement privilégié que la lutte à la discrimination vise l’équité et la justice et non pas, comme il le dit, la création d’une société daltonienne... taisez-vous. »

Ajoutant qu’un refus de prendre en considération la couleur de la peau contribue au racisme.

De retour à la CBC

L’autre soir, écoutant les panélistes « racisées » de la CBC, bien habillées, maquillées, instruites et s’exprimant avec aisance, évoquer le privilège blanc, je pensais aux jeunes mères blanches, prostituées, sur le crack, dans Hochelaga-Maisonneuve, et aux ruraux blancs, pauvres, avec une 8e année, qui grelottent dans un taudis au fond d’un rang, et je me disais qu’avoir la peau blanche n’est pas toujours signe de privilège.

L’humanité souffrante souffre. Point.

L’antiracisme qui divise la société entre « racisés » et « privilégiés blancs » est un racisme qui condamne les personnes « racisées » au statut de victimes permanentes et les « privilégiés blancs » à celui de salauds.

Il doit y avoir d’autres façons de créer une société plus juste.

Instaurer des quotas d’embauche et des programmes de discrimination positive ne fera qu’augmenter la division. Il faut des politiciens capables de penser la lutte au racisme autrement que dans un contexte électoral et des leaders communautaires capables de voir le monde autrement qu’en noir et blanc.

Et nous, nous devons nous sortir les doigts du nez.

Pour plusieurs, seule l’indépendance viendrait à bout du problème en donnant aux Québécois la sécurité identitaire qu’ils réclament.

Mais il est trop tard. Ce yogourt-là avait une date de péremption : le 30 octobre 1995.