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L'automatisation au secours de la CSeries

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Le géant Airbus a lancé un avertissement la semaine dernière pour aider à rentabiliser la CSeries.

Il demande à ses fournisseurs de diminuer leurs coûts de production, un message que certains ont déjà saisi, comme a pu le constater le journaliste de TVA Nouvelles.

Des robots à la fine pointe sont débarqués récemment dans l'usine du Groupe Meloche, à Salaberry-de-Valleyfield.

«Avec ces nouvelles machines-là, on peut mettre 140 jobs différentes, qui peuvent rouler en même temps», dit le chef d’équipe Cédric Rochefort.

Les robots peuvent travailler jour et nuit et assembler des centaines de pièces qui aboutiront dans les moteurs d'avion, comme ceux de la CSeries.

«On peut produire à peu près dix fois plus de pièces qu'on en produisait il y a 20 ans», souligne le vice-président innovation chez Groupe Meloche, Normand Sauvé.

C'est que le défi imposé par Airbus aux fournisseurs de la CSeries est source d'inquiétudes, car il est double: baisser les frais d'exploitation en augmentant la production.

«On comprend leurs besoins, mais l'automatisation va nous aider à arriver à nos fins, mais je vous dirais que c'est sûr que c'est un peu plus inquiétant», admet le vice-président et chef de l’exploitation chez Groupe Meloche, Marc Bigras.

L'automatisation consiste en de nouveaux équipements qui permettent d'être trois fois plus efficace.

«Plus de variété»

«Ça nous a permis d'augmenter de 30% à 50% plusieurs pièces que nous avons à produire sur ces machines», explique un employé de Groupe Meloche.

L’un de ses collègues d’ajouter: «On peut rouler cinq ou six modèles différents de pièces, ça fait qu'il y a beaucoup plus de variété.»

«On peut rouler pendant 72 heures sans opération manuelle d'un humain», confie le chef d’équipe Cédric Rochefort.

«Avec ce modèle d'affaires-là, on est en mesure maintenant d'aller reprendre des contrats qu'on avait perdus par le passé», précise Normand Sauvé.

Et ces robots ne sont pas ici pour voler des emplois, bien au contraire; ils en génèrent des dizaines de nouveaux.

«Les compétences des gens doivent être changées, insiste Normand Sauvé. Donc, c'est des gens qui doivent maintenant gérer des cellules de travail.»

Si la modernisation est bel et bien en marche chez le Groupe Meloche, c'est l'ensemble de l'industrie québécoise qui doit accélérer la cadence.

«Pour garder l'industrie occidentale, si on veut, en santé, face à une Chine qui est très capable de s'automatiser en ce moment...», explique Patrick Bernier, conseiller en ressources humaines chez Humania.

Le chiffre d'affaires de Groupe Meloche avoisine les 55 millions de dollars. Et pour continuer ce virage technologique, l'entreprise a récemment investi plus de 15 millions.

D’après un reportage de Pierre-Olivier Zappa