/news/society
Navigation

Le courageux combat d’un grand brûlé de 12 ans

Coup d'oeil sur cet article

Brûlé au 2e et au 3e degré il y a près d’un an, le jeune Francis Langevin, prend du mieux, même s’il porte encore des séquelles du tragique accident dont il a été victime.

«Ça s’améliore de plus en plus, souligne le garçon de 12 ans en entrevue avec Denis Lévesque. On fait beaucoup de massages et ça va très très bien. Les brûlures s’améliorent et ça devient de plus en plus beau. Si on continue comme ça, j’ai l’impression qu’on n’aura plus rien à faire tellement ça va être beau.»

Le 28 avril 2017, son demi-frère et son cousin s’étaient fabriqué des torches artisanales avec des bouts de bois et des vieux vêtements, et jouaient avec le feu dans un garage de Val-Des-Monts, en Outaouais. Mais ils ont décidé de pousser l’expérience plus loin et ils ont utilisé un accélérant à base d’alcool.

La situation a rapidement dégénéré et une explosion s’est produite.

«Ma veste a pris en feu, raconte Francis. Je paniquais, j’avais peur. J’ai décidé d’essayer d’enlever ma veste, mais ça ne marchait pas parce que j’avais beaucoup d’adrénaline, j’étais en panique. En faisant ça, j’ai provoqué le fait que mes mains ont pris en feu. Donc j’étais encore plus en panique, j’avais mal et je courais partout.»

Les douleurs ont été particulièrement intenses pour l’enfant.

«Pendant un moment, j’ai eu très très mal parce que j’avais des brûlures de deuxième degré, mais après un moment, mes nerfs ont brûlé, décrit-il. C’était rendu des brûlures de troisième degré.»

Pendant un moment, il a même cru qu’il n’en sortirait pas vivant.

«Mes mains étaient en train de fondre, se souvient-t-il. Je voyais les lambeaux de chaire pendre. C’était vraiment paniquant. J’avais peur. Je me demandais si j’allais mourir.»

Après avoir tenté de rouler par terre pour mettre fin à ce calvaire, c’est finalement lorsque ses proches l’ont enroulé dans une couverte que les flammes ont pu être éteintes.

S’il est resté conscient tout au long de l’accident, il a dû être plongé dans un coma pendant 13 jours à l’hôpital.

«Quand je me suis réveillé, j’étais dans la période de sevrage, explique le jeune de 12 ans. C’est là qu’ils diminuaient beaucoup les médicaments. Pendant trois jours, j’ai eu des hallucinations. C’était pas très beau à voir autant pour moi que pour ma mère.»

Après des mois à recevoir des soins dans un hôpital de Montréal, il est finalement revenu chez lui, en Outaouais, en décembre dernier.

«J’ai recommencé l’école le 4 décembre, raconte-t-il. Ça se passait bien jusqu’à ce que des personnes commencent à m’intimider.»

Il dit notamment avoir été la cible de remarques désobligeantes dans un cours d’histoire. Des rencontres ont eu lieu avec le personnel de l’école pour mettre fin à cette situation.

Francis Langevin a également reçu un coup de main des pompiers de Val-des-Monts. Après une collecte de dons, ils ont remis un chèque de 10 000 $ à la famille pour l’aider avec les nombreux traitements et médicaments que doit suivre le jeune homme.

Même s’il dit être parfois «fâché» contre son demi-frère son cousin, Francis souligne qu’il «y a d’autres périodes où il ne pense pas vraiment à ça».

«C’est un accident, mais c’est quand même stupide de jouer avec le feu parce qu’ils savaient d’avance que ça pouvait causer des affaires», affirme-t-il.