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Les femmes à la radio parlée de Québec

Ève-Marie Lortie
Photo Courtoisie Ève-Marie Lortie

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J’ai écouté avec intérêt le message qu’Ève-Marie Lortie, à la barre du retour à la maison du FM 93, livrait le 8 mars dernier au sujet de la place des femmes à la radio.

C'est vrai que trois femmes animent un retour à la maison parlé mais est-ce vraiment annonciateur d'un changement profond à court terme?

Pour ce type précis de radio, je ne le crois pas.

Dans son « autre vie », Ève-Marie Lortie rejoint probablement plus de monde en une seule journée à TVA que les deux animateurs radio du matin les plus populaires à Québec réunis n’en atteignent en une semaine. Sa notoriété était donc déjà très importante AVANT son arrivée à la radio, une donnée TRÈS importante dans un grand marché.

De plus, sa réputation irréprochable a fait qu’elle était la remplaçante logique, compte tenu des circonstances du départ de Gilles Parent.

Dans le cas de Nathalie Normandeau, faut-il rappeler qu’au moment de son arrivée en ondes à la radio de Québec, elle venait de quitter le poste de vice-première ministre ? Comme dans : « La seconde personne la plus importante, hiérarchiquement, au Québec ». Je ne sais pas ce qu’il y a dans votre C.V. mais d’après moi vous arrivez deuxième, loin derrière elle.

Nathalie Normandeau
Photo d'archives, Pierre-Paul Biron
Nathalie Normandeau

L’apparition de l’une ou l’autre à la radio tombe simplement sous le sens.

Catherine Lachaussée, de Radio-Canada, est donc la seule dont le parcours professionnel standard, se développer en ondes à la radio, peut se comparer à celui des autres qui occupent des émissions de pointe à la radio parlée de Québec.

Catherine Lachaussée
Photo d'archives
Catherine Lachaussée

Pour que la variété des genres puisse se maintenir dans le créneau des émissions de pointe qui parlent d’actualité à la radio, il faut impérativement que la base de la pyramide s’élargisse, ce qui n’est pas le cas actuellement.

Les jeunes animatrices ou journalistes nourrissent bien des rêves, mais de toute évidence, pas celui-là.

Je ne me souviens pas avoir entendu ne serait-ce qu’une seule fois une jeune animatrice me dire vouloir être à la barre d’une émission d’actualité qui « brasse » un peu, à la façon dont on le fait à Québec à tout le moins.

Myriam Ségal
PHOTO STEVENS LEBLANC
Myriam Ségal

N’est pas Myriam Ségal qui veut.

Je ne dis pas que cela n’existe pas.

Je constate simplement que la vision de la carrière semble différente.

Dans un métier où l’on catégorise les animateurs et animatrices rapidement, c’est pourtant une décision professionnelle qui doit être prise très tôt, préférablement dès la vingtaine.

Établir sa crédibilité, bâtir son bagage et sa culture et développer l’art de raconter prend une éternité.

Par contre, avec des animatrices aux commandes dans 5 des 8 plus importants retours à la maison à Québec soit Ève-Marie Lortie (FM 93), Catherine Lachaussée (Radio-Canada), Nathalie Normandeau (BLVD FM), Kim Rusk (Rouge) et Marie-Noëlle « Marino » Gagnon (M-FM), il est évident que les jeunes animatrices qui cherchaient quelqu’un de qui s’inspirer ont plus que jamais l’embarras du choix.

Est-ce une tendance, et si oui, sera-t-elle durable ?

C’est drôle que vous posiez la question puisque c’est vous qui détenez la réponse dans le petit cahier de sondage de cotes d’écoute qu’il y a sur le coin du comptoir de votre cuisine.

Et l’auditeur a toujours raison.