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L’opposition outrée par la lenteur informatique du gouvernement

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Les partis d’opposition dénoncent le gaspillage de fonds publics que le gouvernement a créé par sa lenteur à mettre à jour ses serveurs informatiques qui fonctionnent toujours sous Windows 2000 et 2003.

La CAQ et le Parti Québécois peinent à croire que le gouvernement ait dépensé 191 M$ pour des nouvelles versions de Windows Server, mais que plus de 350 serveurs fonctionnent toujours sur les vieilles versions Windows 2000 et 2003. Comme le présentait Le Journal lundi, les coûts totaux de l’opération dépassent les 230 M$ avec les garanties prolongées nécessaires pour protéger les serveurs désuets.

«C’est encore un sinistre épisode d’incompétence et d’inefficacité qui va coûter des millions de dollars», déplore le député de la CAQ Éric Caire. «Prenez 200 M$ et mettez-les dans un baril en feu, puis vous aurez à peu près le même retour sur investissement que le gouvernement», soupire celui qui blâme le Centre de services partagés du Québec (CSPQ), organisme qui gère les projets informatiques du gouvernement.

Pressions sur le CSPQ?

La critique du PQ en matière de ressources informationnelles, Mireille Jean, s’interroge quant à elle sur les raisons derrière l’empressement du gouvernement à acheter les dernières versions de Microsoft Server. Dans bien des cas, ces versions n’ont finalement jamais été installées.

«Un centre devrait être là pour synchroniser les achats et les implantations pour que ce soit rentable, mais ce n’est pas ce qu’on a fait ici. [...] Est-ce que ce sont des gens qui ne posent pas les bonnes questions ? Est-ce qu’ils ont la compétence de faire ce travail?» demande Mme Jean.

L’élue s’inquiète également de ce que les responsables du centre ont pu subir des pressions pour acheter les versions à jour avant même que les ministères soient prêts. «Est-ce qu’il y a eu des pressions pour acheter immédiatement? Microsoft, ils sont gras dur. Ils ont l’argent pour entretenir nos vieux systèmes et, en plus, ils ont vendu des nouvelles versions», fait remarquer la députée.

L’abolition du CSPQ proposée

Éric Caire ne passe pas par quatre chemins et estime que le CSPQ devra répondre de ces «échecs». Il revient à la charge avec sa proposition d’abolir tout simplement l’organisme.

«Le cancre se félicitera toujours de ses mauvais résultats. [...] Nous, le plan, c’est d’abolir le CSPQ parce que cette organisation n’a démontré que de l’inefficacité depuis sa création. Il est temps qu’il y ait un vrai capitaine à la tête de l’informatique au gouvernement», demande M. Caire.

Il ajoute que des gens devront être imputables des mauvaises décisions prises en matière d’informatique pour rectifier le tir. «Ces gens-là devraient être congédiés pour leur incompétence. Tant que ça ne se fera pas, tout le monde va rester dans ses pantoufles et se dire que ce n’est pas grave d’être pas bon, parce qu’il n’y a pas de conséquences.»