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La Cour d’appel rejette la requête de Perreault

L’homme de 55 ans, reconnu coupable du meurtre de Lyne Massicotte, a envoyé paître le tribunal

Alain Perreault lors d’une comparution au palais de justice de Québec, en juin 2010.
Photo d'archives, Le Journal de Québec Alain Perreault lors d’une comparution au palais de justice de Québec, en juin 2010.

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Le dossier d’Alain Perreault reconnu coupable du meurtre de Lyne Massicotte a vraisemblablement pris fin, lundi, lorsque la Cour d’appel a accepté la requête en rejet d’appel déposée par la Couronne.

« Allez donc chier ma chère madame. »

C’est en ces termes peu élogieux que l’homme de 55 ans a clos son dossier amené devant une formation de trois juges qui devaient se prononcer sur la recevabilité ou non de la requête en rejet d’appel déposée par l’avocat représentant le bureau du directeur aux poursuites criminelles et pénales, Me Pierre Bienvenue.

Délai « trop court »

En octobre 2016, à la suite d’un deuxième procès où il avait été trouvé coupable du meurtre au premier degré de Lyne Massicotte, Perreault, alors représenté par feu Me Stéphane Beaudoin, avait porté son verdict en appel sous trois motifs.

Il reprochait alors à la Cour d’avoir obtenu « un verdict déraisonnable », mentionnait que le juge était « partial » et que le délai avait été « trop court » pour la tenue de son procès.

Deux mois plus tard, le destin a voulu que son avocat décède des suites d’une maladie, laissant Perreault face à lui même.

À la suite d’une conférence de gestion où Perreault avait été avisé que s’il ne trouvait pas d’avocat, il devrait faire les démarches lui-même, « quatre rappels ont été faits à l’accusé » et la Couronne lui a même fait parvenir une liste d’avocats de l’aide juridique qui seraient susceptibles de pouvoir le représenter.

Avocats « Bas de gamme »

Questionné par la Cour d’appel à savoir s’il avait tenté de joindre l’un de ces avocats, Perreault a fourni une réponse étonnante.

« D’après moi, s’ils acceptent l’aide juridique, c’est des avocats de très bas de gamme...

« Ça me donne quoi d’appeler un avocat qui est bas de gamme qui va me faire planter là ? Qui va me faire être coupable en partant ? Regardez, c’est comme si je prenais un avocat de l’aide juridique de Port-Cartier... La cause la plus grave qui ont dû voir icitte, c’est un chien qui a fait un caca sur le terrain d’un autre... », a-t-il dit à la Cour.

Devant ce fait et en raison du délai écoulé depuis le dépôt de l’avis d’appel, vu l’absence de démarches de la part de l’appelant et vu le préjudice allégué par le ministère public concernant la paralysie du dossier, la Cour n’a eu d’autre choix que d’accueillir la requête et rejeter l’appel.

« Belle justice han ! Belle justice canadienne », a ajouté Perreault avant d’envoyer promener le tribunal.

CHRONOLOGIE DES ÉVÉNEMENTS

  • 17 juillet 2003 : Lyne Massicotte, une mère de famille sans histoire résidant à Chambly, disparaît.
  • 30 septembre 2009 au 13 janvier 2010 : Déploiement de l’opération Mr. Big.
  • 11 février 2011 : Alain Perreault est reconnu coupable de meurtre au premier degré.
  • 23 octobre 2014 : La Cour suprême renvoie la cause devant la Cour d’appel.
  • 27 avril 2015 : La Cour d’appel ordonne un nouveau procès.
  • 14 septembre 2016 : Début du deuxième procès devant jury.
  • 29 septembre 2016 : Alain Perreault est trouvé coupable de meurtre au premier degré.
  • 14 octobre 2016 : Perreault porte son verdict en appel.