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Premier jour de témoignages à la commission sur les femmes autochtones assassinées

Cheryl McDonald
Capture d'écran, TVA Nouvelles Cheryl McDonald

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MONTRÉAL – Des proches et des survivantes ont livré des témoignages bouleversants, lundi, au premier jour du passage à Montréal de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées.

Cheryl McDonald, une femme de Kanesatake, a relaté la disparition et la mort de sa sœur Carleen, en septembre 1988. Ma mère nous a appelés le lundi matin. Elle a dit "elle n'est pas de retour, je suis inquiète", s’est souvenu Mme McDonald.

Sa sœur était partie en pleine nuit en forêt, sans ses enfants, alors qu’elle vivait une peine d’amour. Son corps a été retrouvé sept semaines plus tard.

«Vous ne pouvez jamais oublier l’odeur de la mort. C'est horrible», a laissé tomber, avec émotion, Cheryl McDonald.

Cette dernière a poursuivi son témoignage pendant deux heures devant la commission, en parlant du milieu violent dans lequel sa soeur et elle ont grandi et du manque de coopération de la police locale pour retrouver Carleen.

Le frère de Rose-Ann Blackned, retrouvée morte en novembre 2991 à Val-d’Or, a aussi témoigné lundi. Battue violemment à la sortie d’un bar, elle aurait ensuite été abandonnée à son sort. «Après plusieurs jours, ils ont trouvé le corps de ma soeur en position fœtale qui tentait de rester au chaud alors qu'elle est morte gelée», a-t-il raconté.

Quelque 70 personnes doivent être entendues cette semaine à Montréal, en séance publique ou à huis clos.

À ce jour, la commission a entendu 763 témoins, tandis que 630 personnes ont indiqué vouloir partager leur vécu avec les commissaires. Ceux-ci ont d’ailleurs réclamé une prolongation de la durée de l’Enquête de deux ans.