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Cinq mystérieux empoisonnements liés aux Russes

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L’attaque à l’agent innervant subie par un ex-espion russe en Angleterre cette semaine a fait les manchettes partout dans le monde.

Cette histoire rocambolesque, qu’on dirait presque tirée d’un roman de John le Carré, n’est pourtant pas la première du genre à se produire. Voici cinq histoires d’empoisonnements mystérieuses, où plane le spectre d’une intervention soviétique.

Alexander Litvinenko

Photo d'archives, AFP

Litvinenko était un ancien espion du KGB, l’agence de renseignement russe, qui avait obtenu l’asile politique en Grande-Bretagne. 

Le 1er novembre 2006, il a pris le thé avec deux ex-agents du KGB, Andrey Lugovoy et Dmitri Kovtun dans un grand hôtel londonien.

Quelques heures plus tard, Alexander Litvinenko commence à se sentir malade, et est pris de vomissements et de diarrhée tellement intenses qu’il finit par ne plus pouvoir se tenir debout. Transporté d’urgence à l’hôpital, son état continue de se détériorer sans que les médecins soient capables de comprendre ce qui lui arrive.

Ce n’est que le 22 novembre au soir, quelques jours avant sa mort, que les médecins ont appris que la cause de sa maladie était un poison, vraisemblablement du polonium-210.

C’est la première fois que la substance radioactive a été utilisée comme poison, qui s’est retrouvé dans la tasse de thé qu’a bu Alexandre Litvinenko lors de cet après-midi fatidique.

Le parapluie bulgare

AFP

L’incroyable cas du Parapluie bulgare réfère à l’assassinat de Georgi Markov, un dissident et artiste bulgare qui s’était lui aussi réfugié en Angleterre. 

Par deux fois, des agents du KGB avaient tenté de faire taire Markov, devenu journaliste pour la BBC et Radio Free Europe.

La troisième fois fut la bonne, et au moment où le dissident patientait à un arrêt d’autobus de Londres le 7 septembre 1978, il fut frappé à la jambe par un homme qui transportait un parapluie. L’inconnu s’est promptement excusé et éclipsé.

Dès son arrivé au bureau, Georgi Markov a découvert une boursouflure à l’endroit où le parapluie l’avait touché. Tombé rapidement malade, il est mort trois jours plus tard.

À la suite de son autopsie, le médecin légiste a découvert une petite pastille métallique enrobée d’une substance fondante spécifiquement créée pour se dissoudre à 37 degrés, la température du corps humain.

En entrant en contact avec le mollet de Markov, le projectile a libéré une dose mortelle de ricine. En se propageant dans le sang, le poison a été fatal.

Vladimir Kara-Murza

AFP

Plus récemment, l’opposant russe Vladimir Kara-Murza s’est mérité un exploit morbide : celui d’avoir survécu à deux présumées tentatives d’empoisonnement. 

La première fois, Kara-Murza est subitement tombé malade lors d’une réunion en 2015 à Moscou. Après plusieurs jours passés dans le coma, il a fini par survivre à cette étrange maladie, causée vraisemblablement par un poison.

La deuxième occurrence s’est produite en 2017. Présentant les mêmes symptômes, soit des vomissements et des difficultés cardiaques, l’opposant est dépêché au même hôpital, où les médecins diagnostiquent une influence toxique d’origine inconnue.

Ses docteurs l’ont averti qu’ils ne survivraient probablement pas à une troisième tentative. On lui souhaite de réussir tout de même à dormir la nuit.

Viktor Yushchenko

AFP/Getty Images

Impossible d’oublier le visage défiguré de celui qui était alors candidat à la présidentielle ukrainienne de 2004. 

Au beau milieu de la campagne, Yushchenko a subitement disparu du radar avant de réapparaître quelques jours plus tard, arborant d’impressionnantes cicatrices faciales.

Partisan de l’Occident, Viktor Yushchenko a vraisemblablement été empoisonné par les services secrets russes ou ukrainiens avec de la dioxine.

Malgré cela, le politicien a fini par remporter cette élection hautement contestée, qui culminera en émeutes et manifestations en sa faveur, mieux connues sous le nom de la Révolution Orange.

Alexander Perepilichny

En 2009, cet homme d’affaires russe quitte Moscou pour Londres avant de remettre une série de documents à des avocats suisses, détaillant l’implication de hauts gradés russes dans une fraude de 220M$.

Quelques années plus tard, Perepilichny revenait d’un petit voyage à Paris lorsqu’il se mit à se sentir un peu mal. Pour se replacer le système, il décide d’aller faire un petit jogging. Il a été retrouvé mort sur le côté de la route par un voisin.

La cause de sa mort est demeurée un mystère pendant près de deux ans, jusqu’à ce que sa compagnie d’assurances ordonne la tenue de tests toxicologiques qui ont révélé la présence dans son estomac d’une fleur de Gelmesium. Cette plante chinoise provoque un arrêt cardiaque si elle est ingérée.

En 2016, le M16 aurait appris qu’Alexander Perepilichny aurait été assassiné sur les ordres de Poutine lui-même, ou d’un de ses proches conseillers.