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Turcotte, un «père aimant», selon son avocat

Il n’est pas un psychopathe, a plaidé mardi Me Poupart en Cour d’appel, afin de demander une réduction de peine

<b>Guy Turcotte</b>, <i>meurtrier</i>
Photo d'archives, Agence QMI Guy Turcotte, meurtrier

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Guy Turcotte est de retour en Cour d’appel ce mardi, dans le but de faire réduire la peine d’au moins 17 ans dont il a écopé pour le meurtre de ses deux enfants.

«On n’est pas en train de parler d’un psychopathe, mais d’un père aimant [...] j’aimerais qu’on s’en souvienne», a lancé l’avocat de la défense Pierre Poupart lors de ses plaidoiries à la Cour d’appel du Québec.

Pour l’avocat, le juge de première instance s’est trompé il y a deux ans en condamnant l’ex-cardiologue de 46 ans à la prison à vie sans possibilité de libération avant 17 années de pénitencier. Selon lui, même si Turcotte a commis l'un des pires crimes au Canada, il ne représente pas un danger pour la société.

La défense demande donc que la peine dont a écopé Turcotte soit réduite et ramenée à une durée de «10 à 15 ans». Le meurtrier a déjà purgé environ sept années de pénitencier.

«Il y a l’énoncé des principes pour déterminer une peine et, dans la vraie vie, [le juge de première instance] ne les a pas appliqués», a plaidé Me Poupart, rappelant que Turcotte, s'il est un jour libéré, resterait tout de même sous le joug des services correctionnels jusqu’à sa mort.

Maladie mentale

La saga judiciaire du cardiologue déchu a débuté en février 2009, quand le meurtrier a tué de 46 coups de couteau ses enfants de 3 et 5 ans, Anne-Sophie et Olivier, dans la maison familiale de Piedmont, dans les Laurentides.

Ce soir-là, il avait bu du lave-glace dans le but de se suicider. Des médecins avaient diagnostiqué chez Turcotte un trouble de l’adaptation avec humeur anxieuse et dépressive à la suite de sa séparation d'avec sa conjointe de l’époque, Isabelle Gaston.

«Il y a une incroyable unanimité sur la souffrance psychiatrique d’un être humain [Turcotte], a plaidé Me Poupart en insistant sur la souffrance qu'éprouvait son client au moment des meurtres. Celui qui est le plus terrorisé, c’est lui.»

Aussi considère-t-il que le juge, en condamnant Turcotte, aurait dû tenir compte de ce facteur.

«Il y a eu une évacuation spectaculaire de l’état mental de Guy Turcotte dans l’élaboration de la sentence», a-t-il plaidé avec ferveur.

«En paix»

Présente à l’audience de Guy Turcotte mardi, à la Cour d’appel du Québec à Montréal, Isabelle Gaston a dit être « relativement en paix » avec le drame vécu il y a neuf ans, lorsqu’il a tué leurs deux enfants. Elle maintient que la sentence d’un minimum de 17 ans de prison de son ancien conjoint ne devrait pas être réduite.
Photo Chantal Poirier
Présente à l’audience de Guy Turcotte mardi, à la Cour d’appel du Québec à Montréal, Isabelle Gaston a dit être « relativement en paix » avec le drame vécu il y a neuf ans, lorsqu’il a tué leurs deux enfants. Elle maintient que la sentence d’un minimum de 17 ans de prison de son ancien conjoint ne devrait pas être réduite.

Isabelle Gaston, qui assiste à l’audience ce mardi, croit pour sa part que la peine devrait être maintenue.

«Je demeure persuadée que 17 ans, ce n'est pas beaucoup dans le contexte, a-t-elle commenté. Il y a deux enfants qui ont payé de leur vie.»

Bien qu'elle ne soit pas d’accord avec la demande de Turcotte, elle assure être «relativement en paix» avec l’audience qui se déroule plus de neuf ans après la mort tragique de ses enfants.

«Je ne base pas mon bonheur sur la durée de la [peine]», a-t-elle dit tout en désapprouvant une réduction de peine dans le cas d'un meurtrier qui agit consciemment.

Mme Gaston a ajouté que, depuis les événements, sa colère a été remplacée par l'acceptation.

«La durée des procédures m'a volé beaucoup de choses, mais il faut avancer, a-t-elle dit. Mais pour une partie de mon cerveau, c'est arrivé hier.»

La Couronne, qui s’oppose à toute réduction de peine, fera valoir ses arguments après la défense.


♦ Les juges de la Cour d’appel ont pris l’affaire en délibéré, sans dire quand ils rendront leur décision.

 

Ce qu’ils ont dit

« Je ne suis plus dans la colère, mais dans l’acceptation. Mais quand je skie avec des amis et qu’ils ont des enfants, c’est là que je trouve que c’est difficile. »  – Isabelle Gaston, mère des victimes Anne-Sophie et Olivier
 
« Il y a eu une évacuation spectaculaire de l’état mental de Guy Turcotte dans l’élaboration de la sentence. Celui qui est le plus terrorisé, c’est lui. » – Pierre Poupart, avocat de Guy Turcotte
 
« [La sentence] est tout à fait justifiée, il ne s’agit pas d’une décision déraisonnable qui justifie l’intervention de la Cour d’appel. » – René Verret, procureur de la Couronne