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Plus d’efforts pour cibler l’itinérance cachée

Plus d’efforts pour cibler l’itinérance cachée
Photo d'archives Agence QMI, PHILIPPE-OLIVIER CONTANT

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MONTRÉAL | Une attention particulière sera portée à la situation des femmes, des jeunes de moins de 30 ans et des Autochtones lors du deuxième dénombrement des personnes itinérantes à Montréal, qui aura lieu le 24 avril prochain.

Lors du premier dénombrement le 24 mars 2015, 3 016 personnes itinérantes avaient été dénombrées, dont 429 qui avaient passé la nuit dans un lieu extérieur.

Alors qu’en 2015, 700 bénévoles avaient participé au dénombrement, 1 200 devraient cette année parcourir les rues, les parcs et la ville souterraine lors de la nuit du 24 avril. Cette hausse est notamment attribuable au fait qu’un plus grand territoire sera couvert cette année.

Itinérance cachée

Le chercheur à l’Institut Douglas Eric Latimer explique que le dénombrement permet de compter les personnes en situation d’itinérance visibles, c’est-à-dire celles qui dorment dehors ou qui fréquentent les refuges, les logements de transition et les centres de thérapie.

«Mais les gens en maisons de chambres ou qui sont hébergés chez d’autres, en "couchsurfing", sont plus difficile à retrouver», a fait valoir M. Latimer. Ces individus sont en situation d’itinérance «cachée» et sont presque impossibles à dénombrer. Cette difficulté marque la plus grande limite d’un tel exercice.

Avec son équipe, il tentera de pallier à cette réalité en s’efforçant obtenir des questionnaires de trois groupes cibles qui «tendent à être surreprésentés en itinérance cachée»: les femmes, les jeunes de moins de 30 ans et les Autochtones.

Les questionnaires

Pour rejoindre ces groupes, Je compte MTL 2018 est en contact avec des ressources d’hébergement et organismes travaillant avec les femmes, les jeunes et les Autochtones.

Sans les dénombrer, l’objectif est de leur faire remplir le plus de questionnaires possible pour les intégrer à l’analyse. Ces questionnaires sont constitués de 14 questions fixées par le gouvernement fédéral, portant entre autres sur l’historique de la situation d’itinérance chez les personnes dénombrées.

«Polaroïd imparfait»

« Le dénombrement donne un polaroïd bien imparfait de la réalité de l’itinérance, a mis en garde le directeur au Réseau d’aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM), Pierre Gaudreau. Même si l’exercice est bien fait, ce n’est pas ça qui va illustrer toutes les réalités de l’itinérance.»

M. Gaudreau s’inquiète de voir les ressources financières allouées en itinérance être uniquement alignées avec les trouvailles d’un dénombrement. «C’est beaucoup d’argent, mais est-ce la meilleure utilisation?

Nous, ce qu’on souhaite, c’est qu’il y ait plus de logements, plus de services et plus de réponses.»