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«Prédateur sexuel»: Gilbert Rozon subit une première défaite devant le tribunal

«Prédateur sexuel»: Gilbert Rozon subit une première défaite devant le tribunal
Photo Pierre-Paul Poulin

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Gilbert Rozon vient de subir une première défaite devant le tribunal, n'ayant pu faire retirer le terme «prédateur sexuel» de l’action collective dont il fait l'objet.

«Le tribunal considère qu’il ne serait pas approprié de radier les allégations visées avant même d’avoir donné une chance [au regroupement] de présenter son argument au tribunal», a tranché le juge Donald Bisson dans une décision obtenue par Le Journal.

L’ancien grand patron de Juste pour rire, qui nie s'être rendu coupable de quelque inconduite sexuelle, est poursuivi pour au moins 10 millions de dollars par Les Courageuses, un regroupement de femmes qui disent toutes avoir été agressées par Rozon entre 1982 et 2016.

Ce groupe est pour le moment composé d’une vingtaine de femmes.

«Rozon est un homme âgé de 63 ans qui a agressé et harcelé sexuellement de nombreuses femmes et filles sur une période s’échelonnant sur un minimum de 34 ans, de sorte qu’il mérite la qualification de prédateur sexuel», peut-on lire dans la demande d’action collective.

Les Courageuses indiquent également que Rozon a déjà «violé, brutalisé et harcelé» des femmes.

«Illogique»

Rozon avait répliqué en demandant au tribunal de retirer de la demande d’action collective plusieurs termes qui renvoyaient, selon lui, à un crime et non à une faute civile.

L’ex-magnat de l’humour soutient que seule la chambre criminelle du tribunal «peut se prononcer sur la qualification d’actes criminels», et ce, même si l’on voit régulièrement des victimes se tourner vers le civil afin d’obtenir des dédommagements pour des actes qui peuvent aussi être criminels.

Le juge Bisson note d’ailleurs que, si Les Courageuses prouvent que Rozon a effectivement violé des femmes, «ces gestes constitueront alors autant de fautes entraînant sa responsabilité civile, sans qu’il soit nécessaire que celui-ci ait été condamné au criminel pour ces actes».

Le magistrat a également qualifié d'«illogique» la demande de Rozon, puisqu’il n’a pas réclamé le retrait du terme «agression sexuelle».

«M. Rozon ne pousse donc pas la logique de son propre argument, selon lequel il faudrait radier tous les termes [qui renverraient à] des actes criminels», a insisté le magistrat en rejetant de A à Z la demande de Rozon.