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5 solutions pour sortir de la crise des médecins

Gaetan Barrette
Simon Clark/Agence QMI

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Plus les jours passent et plus la mayonnaise semble prendre au Québec. La population ne décolère pas. L’opposition continue de faire ses choux gras de la rémunération des médecins et des difficultés vécues dans le système de santé. Plus Philippe Couillard réaffirme qu’il va maintenir le cap, plus les appuis envers son parti baissent dans les intentions de vote des Québécois.
 
Quand les opinions sont si polarisées et que les choix politiques se cristallisent, il devient plus qu’urgent d’agir. Quel meilleur moment pour le faire que lors du dépôt du prochain budget à la fin mars ? Le ministre des Finances aura l’attention des médias pendant 1 jour ou deux. Certains ministres seront aussi enfermés au huis clos du budget et pourront passer leurs messages aux journalistes présents sur place. 
 
Alors, comment s’en sortir ?
 
1) Annoncer un réinvestissement massif dans le maintien à domicile et le soutien aux aidants naturels
.

​Le meilleur moyen de désengorger les hôpitaux, les CLSC et les CHSLD c’est de maintenir le plus grand nombre de Québécois là où ils veulent demeurer : dans leur maison. Que ce soit par des mesures fiscales ou par l’injection de nouvelles sommes, le gouvernement peut faire plus pour faciliter la vie des aidants naturels, favoriser l’adaptation des logements et augmenter la prestation de soins à domicile.


2) Redonner de pleins pouvoirs au Commissaire à la santé et au bien-être
.

Les économies réalisées en abolissant le Commissaire à la santé et au bien-être ne justifient pas la grogne suscitée. Le gouvernement aurait beau jeu de reconnaître son erreur et de redonner ses pouvoirs au Commissaire. Notamment, celui-ci devrait avoir le mandat d’actualiser les résultats de l’étude sur la rémunération des médecins, de proposer des modèles de prestation des services de santé novateurs et d’étudier de réelles solutions de rémunération pour optimiser la prestation de soins, si de telles solutions existent réellement.


3) S’engager à maintenir les salaires des médecins québécois dans la moyenne canadienne et en limiter la croissance afin de ne pas la dépasser de plus de 1 % par cycle de négociation.


Il est tout à fait normal que les médecins du Québec conservent une rémunération comparable à celle de leurs confrères canadiens, mais il n’est pas justifié qu’elle la dépasse. Le gouvernement peut réaliser des études comparatives régulières et ajuster la rémunération des médecins en fonction de la progression canadienne sans toutefois la dépasser. Le gouvernement pourrait même fixer un plafond salarial par spécialité pour éviter de courroucer davantage les contribuables.

4) 
Mettre fin au monopole des médecins dans le suivi de traitement des maladies chroniques en octroyant des droits de pratique élargis aux pharmaciens et aux infirmières de première ligne.


Les pharmaciens sont plus que qualifiés pour ajuster ou renouveler la médication des patients dont la condition médicale est stable. Il suffit de leur accorder les pouvoirs de le faire. Il en va de même pour les infirmières qui sont tout à fait aptes à diagnostiquer des troubles de santé non complexes et en prescrire le traitement. Bien entendu, ces acteurs du milieu de la santé voudront recevoir une compensation pour ces nouvelles tâches, mais les économies de système qui seraient générées en valent largement le coût.


5) S’engager à ne pas entériner l’entente de rémunération des médecins avant l’élection du 1er octobre.



Il s’agit d’une demande répétée de la Coalition Avenir Québec et ça semble tout à fait impossible à réaliser. Pourtant. Les médecins ont désormais perdu la sympathie du public. Tout mouvement de protestation ou tout moyen de pression qu’ils organiseraient envers le gouvernement ne ferait qu’augmenter la colère générale à leur endroit. 



Avec une telle option, le PLQ pourrait forcer les autres partis à détailler les solutions qu’ils proposent aux Québécois lors du scrutin d’octobre plutôt que de les laisser faire une campagne négative sans proposition concrète. Pour le moment, les oppositions disent qu’elles vont renier ou renégocier les ententes, mais elles ne présentent pas le début de l’ombre d’une solution de rechange. Voter pour la CAQ ou le PQ dans ces circonstances revient à leur signer un chèque en blanc.



Et pourquoi pas, une dernière option à titre de bonus...

6) Au lendemain d’une réélection du PLQ (ou même avant !), s’empresser de nommer un nouveau ministre de la Santé qui ne soit PAS médecin.

Sébastien Proulx est la personne tout indiquée pour la tâche. Non seulement est-il très populaire, mais c’est un habile tribun et on lui reconnaît des qualités de rassembleur que peu de ses collègues peuvent espérer égaler.



Chacune de ces options pourrait redonner aux Québécois l’impression que le gouvernement est prêt à se remettre en question, à chercher des solutions et à se tenir debout devant la dictature des médecins.