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Elle pardonne à celui qui a participé au meurtre de son fils

Dominique Narcisse
Photo Chantal Poirier Dominique Narcisse

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Une mère montréalaise dont le fils a été tué par balle est passée outre sa rage et sa colère contre celui qui a participé au meurtre, et espère maintenant que l’accusé tire des leçons du drame pour devenir un actif pour la société.

« Le crime m’a amené au bord de la folie, mais j’ai fait le choix de lui pardonner ; j’espère qu’il va utiliser son temps en cellule pour apprendre un métier et pour se pardonner », a émotivement lancé Dominique Narcisse, ce mercredi au palais de justice de Montréal.

Mme Narcisse assistait à l’audience de Ian Charbonneau, un homme de 31 ans accusé du meurtre de Ali Husain Jean, survenu le 11 janvier 2014 dans ce qui ressemble à un vol qui a mal tourné.

Ce jour-là, la victime de 27 ans était dans un appartement de Lachine lorsqu’elle s’est fait mortellement tirer dessus. Charbonneau, qui avait été arrêté trois ans plus tard, a plaidé coupable ce mercredi à une accusation réduite d’homicide involontaire et de vol qualifié. À la suggestion des avocats, il a écopé de 11 années de pénitencier.

Pardon

La tête basse et assis dans le box des accusés, Charbonneau semblait secoué par les témoignages de proches présents dans la salle d’audience.

« J’ai voulu mettre fin à mes jours, j’ai été consommée par le désespoir, a expliqué Jamilah Jean, la sœur de la victime, en s’adressant directement à l’accusé. Je ne me souviens pas de la dernière fois que ma famille a ri, qu’elle était heureuse. »

La mère de la victime a aussi souffert, a-t-elle exprimé au tribunal en disant revivre le meurtre de son fils « en continu », ce qui l’a même amenée à être hospitalisée pour une grave dépression. Mais malgré la douleur, elle a finalement décidé de prendre la voie du pardon.

« Je ne veux plus écouter ces voix qui cherchent vengeance, a commenté Mme Jean. C’est parfois dur de pardonner, mais ça rend l’esprit plus léger. C’est pourquoi je lui pardonne [à l’accusé], tout le monde doit pardonner. »

Décrivant son fils comme un artiste proche de sa famille et qui aimait aider les itinérants, Mme Jean a depuis fondé une organisation au nom de son fils, afin de venir en aide à la communauté. Elle compte d’ailleurs organiser une journée de nettoyage d’un parc.

L’accusé, qui est représenté par l’avocat François Gauthier, n’a pas souhaité s’adresser à la cour avant d’être condamné.

« Je n’ai rien à apporter de plus », a-t-il dit la voix basse.

En plus des 11 ans de pénitencier, Charbonneau s’est vu interdire de posséder des armes à feu pour le restant de ses jours.