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Êtes-vous intelligent émotionnellement ?

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Jacob Lund - stock.adobe.com

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Alice Mariette — 37e AVENUE

 

Le secret des meilleurs leaders ne résiderait pas dans leur quotient intellectuel (QI) ou leurs diplômes, mais bien dans leur quotient émotionnel (QÉ). De quoi s’agit-il ? Comment devenir plus « intelligent » émotionnellement ?

« Nous sommes avant tout des êtres d’émotions », lance d’emblée Denis Morin, CRHA et professeur en gestion des ressources humaines à l’ESG-UQAM. Celui qui a beaucoup étudié ce concept popularisé dans les années 1990 dégage deux grandes tendances concernant l’intelligence émotionnelle : celle qui renvoie à la gestion des émotions et celle fondée sur les habiletés et compétences sociales (soft skills). Il s’agit à la fois de l’aptitude à évaluer et à exprimer ses propres émotions, tout en sachant identifier et comprendre celles des autres. Une « gymnastique » du cerveau nécessaire aussi bien dans la vie que pour être un bon gestionnaire.

Il n’y a pas que le QI qui compte...

« On reconnait actuellement que pour les dirigeants, une grande partie de la tâche est la gestion des émotions », note le professeur Morin, mettant en avant l’existence d’une interrelation entre les aptitudes cognitives — autrement dit les compétences intellectuelles — et les émotions.

« Le leader doit être capable de gérer ses émotions, d’apprendre à se détacher de celles des autres et de faire preuve d’humilité et d’honnêteté face à autrui. Il n’est pas possible d’être leader seulement pour son égo », détaille le professeur. Pour cela, une solution : l’introspection. C’est à ce moment que l’intelligence émotionnelle entre en jeu. Savoir comment percevoir, comprendre et réguler ses émotions sont des clés de réussite pour être un bon gestionnaire.

D’un autre côté, notre intelligence émotionnelle est liée à nos comportements sociaux. « On tombe dans l’approche des traits de personnalité, des caractéristiques de nature sociale, comme l’adaptabilité, l’empathie, les aptitudes relationnelles », précise M. Morin.

Muscler son cerveau émotionnel

N’ayez pas peur : le QÉ ne stagne pas, il peut évoluer. « Nous ne sommes pas condamnés, cela s’apprend », assure M. Morin. Sur le terrain, avec des personnes autour de soi qui ont plus d’expérience, du vécu et qui peuvent nous donner une vision alternative.

Alors que nous savons comment évaluer le fameux QI, qu’en est-il de notre intelligence émotionnelle ? Plusieurs questionnaires, fondés sur les compétences sociales ou la gestion des émotions, ou encore des tests de personnalité, peuvent servir d’instruments de mesure. Le professeur invite toutefois à faire preuve de prudence et à éviter de s’appuyer exclusivement sur eux pour le recrutement. « Cela fournit de bonnes pistes sur le savoir-être des futurs employés par exemple, mais soyons vigilants, d’autant que le questionnaire parfait n’a pas encore été trouvé », affirme-t-il.

Finalement, M. Morin mentionne que, malgré son importance, le QÉ ne peut pas surplomber le QI. Dans l’étude dont il est le coauteur Pour réussir dans la vie professionnelle, a-t-on besoin d’un bon quotient intellectuel (QI) ou d’un bon quotient émotionnel (QÉ) ?, il soutient que les affirmations voulant que l’intelligence émotionnelle soit au centre du leadership transformationnel sont exagérées. « Ce qu’il faut retenir, c’est que le leader parfait n’existe pas », conclut celui qui préfère plutôt parler de zone de développement que de faiblesses.