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La parité homme-femme

La parité homme-femme
Le Journal de Québec

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Si la parité n’est pas une religion, elle n’est pas pour autant une aberration. Je suis toujours surpris des passions que le sujet déclenche en donnant lieu à l’étalement des outrances les plus extrêmes. Louis-Jean Cormier en sait quelque chose pour avoir été giflé sur les deux joues sans nécessairement le mériter. Il avait raison en disant qu’il ne faut pas sacrifier l’art à la parité, mais il n’aurait pas dû avoir l’air de se prononcer contre son accomplissement.

De façon générale, les domaines d’activités humaines devraient refléter en proportion la composition du groupe de référence. Comme plus de la moitié de la population est composée de femmes, il serait vraisemblable, entre autres, d’en retrouver dans les mêmes proportions dans le domaine des arts, de la politique, de la gouvernance des institutions et de la direction d’entreprise. Le même raisonnement peut également s’appliquer pour d’autres caractéristiques sociales, telles la race, la langue ou l’âge. Une telle conception ne relève pas du radicalisme, elle reflète au contraire une adhésion aux valeurs d’égalité qui sied à une société démocratique.

La disparité n’est pas nécessairement un signe d’injustice, mais elle implique minimalement d’en analyser les causes et éventuellement d’y remédier, si elle relève d’une quelconque forme de discrimination. Il n’y a surtout pas lieu de traiter de féministes radicales les femmes qui se soucient de faire tomber les obstacles à leur émancipation  dans divers domaines. Ma vie professionnelle antérieure m’a surtout fait voir que le radicalisme se retrouvait dans la résistance au changement lorsque les questions de parité étaient soulevées dans les instances.

Une démarche d’équité en genre ne constitue pas une attaque contre les hommes, mais elle peut heurter les privilèges que la tradition et les usages ont forgés. C’est sensiblement les mêmes effets pour des démarches d’équité touchant d’autres considérations comme la race, l’origine ethnique, la religion ou d’autres caractéristiques. À chaque fois que le débat refait surface, il se trouvera d’ardents défenseurs du talent ou des compétences pour justifier les disparités existantes. Ce comportement tenant de l’aveuglement volontaire masque surtout la crainte de perdre des privilèges indus obtenus parce qu’un groupe social est désavantagé.

La quête d’égalité n’a pas pour but de transformer en monstre l’homme par rapport à la femme, elle vise surtout à créer les conditions pour permettre à chacune de pouvoir faire évoluer pleinement son talent ou ses compétences. Quoi de plus normal que de changer les règles lorsqu’elles instillent dérives et injustices?