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Le Canada en hijab

Lors de la Journée internationale des droits des femmes, Ottawa a lancé une publicité mettant en vedette une femme portant un hijab.
Photo swc-cfc.gc.ca Lors de la Journée internationale des droits des femmes, Ottawa a lancé une publicité mettant en vedette une femme portant un hijab.

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La Journée internationale des droits des femmes continue de faire parler, et pas nécessairement pour de bonnes raisons.

Certains ne l’avaient pas remarqué, mais à cette occasion, le gouvernement fédéral a créé une publicité mettant de l’avant une femme en hijab associée à la phrase suivante : « Mon féminisme veut dire l’égalité pour toutes et tous ».

Multiculturalisme

Difficile de ne pas y voir une énième provocation idéologique commanditée par Ottawa, qui veut nous imposer à tout prix son multiculturalisme radical. Ce dernier repose sur l’idée que le Canada se définit comme un grand Disneyland multiculturaliste pratiquant le culte de la diversité.

Justin Trudeau est la mascotte de ce pays laboratoire.

L’idée est la suivante : on impose de force le hijab dans l’imaginaire collectif, et on le présente comme un symbole d’inclusion et même, d’ouverture à la différence. Il s’agit de repousser toujours les frontières de l’acceptable. D’ailleurs, on n’oubliera pas que le Canada s’est même porté à la défense du niqab, ces dernières années.

Évidemment, ceux qui exprimeront des réserves seront accusés d’islamophobie et de racisme. On les culpabilisera publiquement. La méthode est connue.

C’est une chose d’accepter que des femmes portent le hidjab au quotidien.

Personne, ici, ne veut l’interdire dans la rue, même si on est en droit de l’interdire chez les employés de l’État en service, comme le proposait raisonnablement la Charte des valeurs du PQ.

C’en est une autre de ne pas avoir le droit de dire publiquement que ce symbole est trouble et hautement critiquable. Faut-il l’accepter béatement ? Peut-on au moins faire savoir que tolérer un tel symbole ne veut pas dire l’apprécier, et encore moins, le banaliser ou l’encourager ? Cette publicité d’Ottawa envoie un message subliminal : une vraie musulmane est une musulmane voilée.

Il n’est pas inutile d’intégrer cette question dans une perspective globale.

Dans le monde musulman, le voile se présente comme un symbole d’infériorisation de la femme et on se révolte contre lui, comme on le voit en ce moment en Iran. Les femmes qui le retirent peuvent en payer le prix. La signification politique du voile est explicite.

C’est un coup de génie des islamistes d’avoir réussi à le faire passer, auprès de la gauche occidentale, pour un symbole d’affirmation féminine et d’expression de la diversité. Ils ont réussi à convaincre nos élites politiques, intellectuelles et médiatiques que refuser le voile, cela consiste à se replier sur une conception étriquée de l’identité.

Nous ne parvenons pas à prendre au sérieux la guerre idéologique que l’isla­misme mène pour nous imposer sa conception du monde, un pas à la fois.

Mais si les islamistes nous piègent, c’est que nous nous laissons piéger.

Islamisme

Nous ne parvenons plus à nous définir comme société autrement qu’à la manière d’une association d’individus blindés dans leurs droits, sans culture commune.

Nous doutons à ce point de nous-mêmes que chaque fois que nous affirmons notre mode de vie et les valeurs qui le sous-tendent, nous nous croyons coupables de pratiquer la discrimination. Le relativisme nous paralyse et nous étouffe.