/finance
Navigation

Québec obtient l’or pour la performance de son PIB

La région arrive bonne première dans la province pour sa prouesse économique

Jeux olympiques de PyeongChang
Photo Didier Debusschère La copropriétaire de la chaîne de boutiques Florin, Marie-Pier Fortin, ici photographiée dans sa boutique de Laurier Québec, affirme qu’il y a longtemps qu’elle aurait pris de l’expansion à l’extérieur n’eût été des difficultés de recrutement de travailleurs.

Coup d'oeil sur cet article

Rien n’arrête la locomotive économique de la région de Québec qui devrait enregistrer une hausse de 2,3 % de son PIB en 2018, selon le Conference Board du Canada, la plaçant première au Québec et 7e au pays.

« Petit train va loin », estime l’organisme qui souligne que l’économie de Québec a reculé à seulement deux reprises depuis 1988.

« Le PIB de Québec progresse rondement à l’abri des défis économiques qui se font sentir ailleurs », exprime Henry Diaz, économiste pour le Conference Board.

Avec 2,3 % d’augmentation, Québec se classe première à l’échelle provinciale et 7e parmi les 29 régions métropolitaines de recensement au pays.

Québec poursuit une croissance économique ininterrompue pour la 21e année consécutive, mais à un rythme un peu moins soutenu qu’en 2017.

L’an dernier, la région a enregistré une hausse du PIB de 2,6 %.

« La bonne nouvelle, c’est que l’économie de Québec va ralentir moins vite que celle des autres villes canadiennes. C’est pour cette raison que la région s’inscrit dans le haut du classement en termes de croissance », ajoute l’expert.

On estime que 12 000 emplois seront créés au cours de l’année. Le secteur des finances, de l’assurance et de l’immobilier sera responsable d’une large part de ces nouveaux emplois. Les secteurs des services professionnels et techniques, du commerce de gros et de détail ainsi que le secteur de l’hébergement et de la restauration devraient également faire bonne figure.

La bête noire

Par contre, le Conference Board parle d’une « performance médiocre » dans le secteur de la construction non résidentielle qui accuse du retard en raison du report de projets de grande envergure comme Le Phare, cite la note de conjoncture publiée hier.

En revanche, le démarrage de projets comme la phase I du mégahôpital de l’Enfant-Jésus et le Centre de glaces qui a franchi une première étape avec la fermeture récente de l’anneau de glace lance un signal encourageant.

Mises en chantier

Après avoir connu un sommet inégalé en sept ans avec 6504 mises en chantier en 2017, le rythme est appelé à ralentir avec 4352 mises en chantier prévues cette année. De façon générale, la croissance dans la construction devrait s’établir autour de 1,5 %.

La création de 12 000 nouveaux emplois risque de causer bien des maux de tête aux employeurs qui ont déjà de la difficulté à recruter.

« C’est sûr qu’il y a une pénurie, mais cela ne devrait pas nuire énormément », a ajouté M. Diaz.

Les principales menaces qui pourraient modifier ses prévisions sont l’augmentation des taux d’intérêt et la fin de l’Accord de libre-échange nord-américain.

► Sur 442 000 emplois occupés en 2017, près de 37 200 sont issus de la fonction publique.

LES 5 SECTEURS DOMINANTS EN 2017

(nombre d’emplois)

► Commerce de détail

51 600

► Gouvernement provincial

37 200

► Hôpitaux

31 500

► Restaurants et bars

25 100

► Construction

23 600

PRINCIPAUX INDICATEURS ÉCONOMIQUES POUR 2018

(région de Québec)

► PIB

35,5 G$ 

► Emplois

454 000

► Taux de chômage

4,4 %

La pénurie inquiète les employeurs

Alors que l’on anticipe une augmentation des ventes au détail d’ici 2022, les propriétaires de magasins, comme Marie-Pier Fortin, se creusent les méninges pour trouver du personnel.

La copropriétaire du Groupe Florin, qui possède neuf boutiques, affirme que le développement de l’entreprise est freiné par la pénurie de travailleurs.

Le problème a atteint son apogée cet hiver lorsque la femme d’affaires a dû prendre la pénible décision de réduire ses heures d’ouverture à la boutique de la côte de la Fabrique, dans le Vieux-Québec, faute de personnel.

« C’est un réel problème depuis au moins trois ans. C’est beaucoup plus long pour trouver quelqu’un. Ce n’est pas un secteur facile parce qu’il y a beaucoup de compétition entre les employeurs », déplore-t-elle.

Privée de revenus

Mme Fortin compte une quarantaine d’employés, mais cela n’est pas suffisant.

« En cas d’imprévus, je n’ai pas de marge de manœuvre. Si un employé ne peut pas rentrer une journée, c’est moi qui vais sur le plancher. »

Pour se donner un peu de répit, elle a pris la décision de fermer certains jours de la semaine la boutique du Vieux-Québec, même si cela la prive de revenus. Cette situation ne pourra pas durer éternellement, dit-elle, avec la reprise prochaine de l’activité touristique.

« Je reste positive. En attendant, je joue avec mon horaire. J’ai quand même neuf magasins à gérer avec mon conjoint. Donc, c’est plus difficile. On y va au jour le jour, mais ça nous inquiète effectivement », a-t-elle ajouté.

Soutenir la croissance

Les ventes au détail, qui ont atteint 14,7 G$ dans la région de Québec en 2017, devraient progresser de 2,7 % cette année pour atteindre 16,4 G$ en 2022.

Plusieurs entreprises s’interrogent comment elles pourront soutenir cette croissance.