/opinion/blogs/columnists
Navigation

Le sexisme éhonté de Manon Massé

Manon Masse
Photo d'archives Simon Clark

Coup d'oeil sur cet article

« Depuis 30 ans, c’est la même clique qui se passe la rondelle du pouvoir. Depuis 30 ans, cette clique est majoritairement masculine. Et ces messieurs ne sont jamais trop pressés d’améliorer le sort collectif des femmes du Québec »--Manon Massé

 

Comment quelqu’un qui se prétend féministe, donc pour l’égalité homme-femme, peut-il tenir des propos aussi sexistes que Manon Massé ? Tu veux combattre le sexisme mais tu véhicules les pires préjugés sur les hommes ? Tu pourfends les préjugés mais tu mets tous les représentants d’un même sexe dans le même panier ?

 

Ça se dit « progressiste » mais il n’y a rien de plus rétrograde que ce féminisme qui prône la détestation des hommes. Et après, ça nous parle d’alliés, de vivre ensemble, ça critique l’intolérance et ça dénonce les amalgames...

 

La lettre publiée par Manon Massé dans le Devoir, dénonçant le « boy’s club » de la politique québécoise est tout simplement une attaque anti-hommes. Si Mme Massé compte redorer le blason du féminisme 2.0 et convaincre les sceptiques que sa forme de revendication ne se fait pas contre mais avec les hommes, ouch, c’est mal parti.

 

Autant du côté péquiste (Jean-François Lisé et la candidate péquiste Jennifer Drouin) que du côté libéral (Hélène David) on s’est dit choqué par les propos de Mme Massé. Amir Khadir, lui, les appuie à 100%. Chercher l’erreur.

 

Ce que dit Mme Massé, essentiellement, c’est qu’il n’y a que des femmes qui peuvent faire de la politique comme du monde. Tout ce que les hommes touchent se salit. Les hommes, ça cache les scandales sexuels ; les hommes, ça ne se préoccupe pas des LGBT ; les hommes ça se parle entre eux et ça épuise les infirmières en ricanant dans son coin.

 

Misère ! Si c’est ça sa vision des hommes en politique, pourquoi ne forme-t-elle pas un parti, sans Amir Khadir, sans Gabriel Nadeau-Dubois où il n’y aurait que « des individus s’identifiant comme femme » ?

 

En plus, cette façon de présenter les femmes en politique comme étant les seules à se préoccuper des femmes, c’est d’une démagogie ! Les femmes n’ont pas le monopole du bon jugement, de la grandeur d’âme et de la bienveillance, Madame Massé.

 

Est-ce nécessaire de rappeler à Mme Massé que tous les acquis des femmes ont été bâtis avec la collaboration d’hommes politiques qui ont été leurs alliés, leurs collègues, leurs plus ardents défenseurs ?

Faut-il lui rappeler qu’en 2007 un homme, oui un homme, Jean Charest imposait la parité dans son cabinet ? (Et ce, bien avant Justin Trudeau). Ayoye, un homme, un libéral, qui croit à la parité et qui donne des postes clé à des femmes fortes comme Monique Jérôme-Forget !

 

Avec ses propos méprisants envers les hommes, Manon Massé fait reculer le mouvement féministe de dix ans ou plus. « Messieurs, la récréation est terminée » menace Manon Massé. Un ton belliqueux et hargneux qui ne sert en rien la cause. Plutôt qu’une main tendue, plutôt que de proposer un féminisme « inclusif », elle enflamme le débat et présente les hommes (beurk, !) comme des ennemis à abattre.

Quel beau gâchis.