/misc
Navigation

Une qualité de pêche spectaculaire

Campeau
Photo courtoisie Le pourvoyeur Billy Cain et son fil Charly tiennent un superbe omble chevalier et de belles mouchetées.

Coup d'oeil sur cet article

La destination que je vous présente aujourd’hui peut se targuer d’offrir un potentiel extraordinaire.

Dans le Grand Nord québécois, au Nunavik, juste sous la ligne des arbres, se trouve un cours d’eau de réputation mondiale appelé la rivière aux Feuilles. Elle abrite un grand nombre de poissons sportifs qui peuplent les rêves de plusieurs amateurs depuis la nuit des temps.

Intergénérationnel

Dès l’âge de 8 ans, Billy Cain aidait à la pourvoirie de son grand-papa et, à 10 ans, il guidait déjà certains clients.

En 2009, Billy et son père font l’acquisition d’une ancienne pourvoirie, bâtie en 1992, où ils avaient travaillé à l’époque et lui donnent le nom de Johnny and Billy Cain Outfitters.

Charly, le fils de Billy, s’est même joint à l’équipe.

La pourvoirie est en activité six semaines par an, de la troisième de juin jusqu’à la première d’août. Moins d’une quarantaine de passionnés peuvent en profiter annuellement.

Il a fallu près de 30 minutes à ce pêcheur pour hisser ce magnifique saumon à bord de l’embarcation, prendre rapidement cette photo et le gracier par la suite.
Photo courtoisie
Il a fallu près de 30 minutes à ce pêcheur pour hisser ce magnifique saumon à bord de l’embarcation, prendre rapidement cette photo et le gracier par la suite.

En route

Le seul moyen d’y accéder est par la voie des airs. De Dorval, après un vol de 2 heures 20 minutes avec la compagnie aérienne First Air, on se rend à Kuujjuaq. Puis, on prend place dans un plus petit appareil de la firme Air Inuit pour un vol de 20 minutes jusqu’à Tasiujuaq (une des 14 communautés autoch­tones). Une entente spéciale avec le pourvoyeur et ces transporteurs aériens vous donne le droit d’emporter deux bagages pesant chacun 32 kg (70 lb) ainsi qu’un étui à cannes à pêche. Vous pouvez donc trimballer tous vos équipements, des bottes-pantalon, une glacière qui sert en même temps de bac de transport, etc.

Du village de Tasiujuaq, qui ne compte que 340 habitants, il ne reste qu’une vingtaine de kilomètres à parcourir dans une embarcation sécuritaire jusqu’à destination.

Unique

Le niveau de l’estuaire de la rivière aux Feuilles varie énormément, car on y trouve les plus grandes marées du monde, qui peuvent atteindre 16 mètres de haut.

Les eaux provenant de la baie d’Ungava viennent hausser le niveau deux fois par jour. Notez que leur taux de salinité avoisine 35 %.

Quand le bassin se vide, il se forme une immense baie de 8 km de long sur 5 km de large juste en face de la pourvoirie. Ce qui est tout à fait particulier, à marée basse, c’est que ce petit réservoir est complètement isolé, délimité à chaque extrémité par des chutes insurmontables.

Aux dires de Billy, près de 75 % des poissons qui vivent dans le secteur sont des locaux. Les autres migrent et sont de passage.

Parlons pêche

L’espèce vedette de la région est l’omble chevalier. Cela n’est pas étonnant puisque cette espèce a la répartition la plus nordique. Ces majestueux combattants proposent des batailles mémorables. Lorsque les conditions sont favorables, il n’est pas rare que les manieurs de canne déjouent une douzaine de poissons et plus par jour, qui font osciller la balance entre, en moyenne, 2,5 et 4 kg (5,5 et 8,8 lb).

Rete­nez toutefois qu’au cours de la courte saison, au-delà de 100 arctic chars de plus 7 kg (15,4 lb) sont interceptés par la clientèle. Le record de tous les temps pesait un peu moins de 10 kg (22 lb).

On les pêche au lancer, à la dérive dans le courant ou à la traîne. On se sert de cuillères métalliques, de devons ou de mouches pour les taquiner. Tous les leurres ne peuvent être équipés que de deux hameçons, soit un trépied auquel on a retiré une branche ou deux hameçons simples.

Réjean Boyer, Jean-Pierre Laforest et Serge Lyonnais exhibent une belle brochette d’ombles chevaliers capturés à la mi-juillet à la pourvoirie Johnny et Billy Cain.
Photo courtoisie
Réjean Boyer, Jean-Pierre Laforest et Serge Lyonnais exhibent une belle brochette d’ombles chevaliers capturés à la mi-juillet à la pourvoirie Johnny et Billy Cain.

Opposants de taille

La deuxième espèce la plus convoitée est la truite de mer, qui est en fait un omble de fontaine. La taille moyenne des membres de cette famille est d’environ 1 kg (2,2 lb), mais on franchit fréquemment le cap des 2 kg (4,4 lb). En 2012, un client de longue date, Guy Desmarais, a soutiré des eaux de cet estuaire un monstre de 3 kg (6,5 lb) et son copain Guy Tringle, un trophée de 3,6 kg (8 lb). Contrairement aux ombles chevaliers, qui se concentrent davantage dans le chenal principal, les truites mouchetées suivent le niveau des marées pour éviter de se faire dévorer par les phoques et les bélugas. On les retrouve principalement près des structures rocheuses.

Le roi des eaux, le saumon, est également présent en grand nombre. J’ai d’ailleurs croisé le fer avec un beau gros géniteur d’environ 7 kg (15,4 lb). La plupart des visiteurs réussissent habituelle­ment à en capturer au moins un par jour avec des leurres destinés aux autres espèces ou avec des mouches spécialement dédiées.

On déjoue aussi à l’occasion des moulacs et des hybrides issus d’un croisement entre les arctic char et les mouchetées.

Le permis de pêche, au coût de 21,44 $, nous permet de ramener pour la consommation 8 kg de mouchetées et 5 ombles chevaliers. Tous les poissons sont éviscérés sur place et emballés sous vide.

Commodités

Dans cet endroit, où on a vraiment l’impression d’être seul au monde, on trouve un bâtiment modique et rustique, confortable, avec chauffage et douche à l’eau chaude.

Dans la modeste salle à manger, on vous sert des repas traditionnels mettant souvent en vedette le caribou et les poissons. Si vous avez des goûts particuliers et diverses attentes, vous pouvez apporter votre boustifaille et la préparer sur place.

Sachez que, sur les lieux, le proprio et les guides ne parlent que l’anglais – et l’inuktitut, évidemment. Vous devez aussi aimer l’aventure, ne pas trop vous attarder aux détails et vous adapter à leur rythme, qui est habituellement moins stressant que le nôtre. Retenez toutefois qu’une fois dans l’eau et lorsque votre perche sera arquée à tout rompre, vous oublierez tout le reste et aurez l’impression d’être au paradis !

Pour en savoir plus, composez le 819 633-5498 ou visitez le site www.leafriverestuarylodge.com ou www.tourisme-nunavik.com