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Kingsbury prépare un nouveau saut

Le champion olympique veut repousser les limites de son sport

Jeux olympiques de PyeongChang
Photo Didier Debusschère

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Même s’il vient de remporter deux autres globes de cristal au sein du circuit de la Coupe du monde et la médaille d’or olympique, Mikaël Kingsbury n’est pas le style de champion qui s’assoit sur ses lauriers. Bien au contraire.

Au cours des prochains mois, le skieur de bosses peaufinera un nouveau saut qui n’a jamais été tenté auparavant lors d’une compétition : le cork 1440 (quadruple vrille désaxée et renversée).

« Pour moi, essayer de nouvelles choses, ça me permet de demeurer motivé, a expliqué Mikaël Kingsbury lors d’une entrevue téléphonique. J’ai pratiqué ce saut l’été dernier, mais j’ai décidé de mettre toute ma concentration et mes énergies sur les Jeux olympiques. »

Cette saison, Kingsbury a décidé d’être « conservateur » en présentant un cork 1080 (triple vrille désaxée et renversée). Pourtant, il était le seul skieur, avec le Japonais Ikuma Horishima, à l’exécuter en compétition.

Après sa conquête du titre olympique, le Québécois avait l’intention de tenter son cork 1440 dans le cadre d’une épreuve.

« Les conditions météorologiques ne m’ont jamais permis de l’essayer, a affirmé Kingsbury. Je ne voulais pas prendre de risque, car c’est un saut que je n’avais pas fait depuis l’été dernier. »

Adaptation à prévoir

Lors de la prochaine saison estivale, Kingsbury et son entraîneur Rob Kober mettront les efforts à l’entraînement afin que le roi des bosses puisse le présenter dès la première épreuve de la Coupe du monde.

Il n’y a pas de doute qu’une période d’adaptation sera nécessaire, surtout à l’atterrissage.

« C’est un saut où j’aurai besoin de plus d’amplitude que les autres, a-t-il mentionné. Pour ce qui est des chronos de mes descentes, ça pourrait les affecter un peu au début par une demi-seconde, mais je n’anticipe pas un impact important par la suite. »

Il passera plusieurs semaines à Whistler afin de se préparer pour la campagne 2018-2019.

« À cet endroit, je peux pratiquer mes sauts sur la rampe d’eau et sur la neige, a affirmé Kingsbury. Même si la rampe de Lac-Beauport est plus belle, je crois que mon séjour sera plus productif en Colombie-Britannique. »

Ikuma dans le rétroviseur

Kingsbury aura un adversaire en tête lorsqu’il dévalera les pentes cet été. Le seul qui est parvenu à le vaincre à l’occasion d’une épreuve cette saison.

« Je vais penser à Ikuma Horishima en m’entraînant, a souligné le skieur. Il est capable de faire des sauts similaires aux miens et il représente le futur du sport. »

« Par contre, il a encore des choses à prouver dans certaines conditions de piste, notamment lorsqu’elles sont glacées. Il a aussi tendance à prendre des risques qui ne sont pas toujours payants et à manquer de constance dans ses résultats. Il y va souvent le tout pour le tout. »

Tout le contraire du Québécois, qui a été régulier comme une horloge au cours des dernières années. Si le Japonais souhaite mettre fin à la suprématie du Canadien, il devra se lever de bonne heure.