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Qu’attendez-vous, Madame David ?

La ministre responsable de l’Enseignement supérieur Hélène David
Photo Le Journal de Québec, Pascal Huot La ministre responsable de l’Enseignement supérieur Hélène David

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Le 7 décembre dernier, j’ai présenté en commission parlementaire la réaction positive des diplômés face au projet de loi 234, modifiant la Charte de l’Université de Montréal.

La modernisation de la gouvernance de l’Université est un sujet suffisamment important pour que le CA de l’ADUM ait demandé à l’unanimité la présente intervention.

L’UdeM mérite une charte 2.0

Les diplômés de l’UdeM, c’est plus de 400 000 personnes auxquelles s’ajoutent annuellement quelque 12 000 nouveaux diplômés. Des citoyens engagés dans toutes les sphères de la société qui pourraient, comme cela se fait dans plusieurs universités nord-américaines, participer à la gouvernance de l’Université.

L’université est un bien public, elle appartient à tout le monde et à sa communauté. Sa gouvernance doit être inclusive, représentative, fondée sur la compétence et l’indépendance de ses parties prenantes que sont les professeurs et les chargés de cours, le personnel, les étudiants, les diplômés et les membres de la société civile.

Pour mieux protéger les victimes d’actes à caractère sexuel

Sans adoption de la nouvelle Charte, nous sommes inquiets que l’Université ne puisse pas respecter intégralement la loi 151 que vous-même avez fait adopter afin de prévenir et combattre les violences à caractère sexuel au sein des établissements d’enseignement supérieur. L’Université de Montréal a actuellement un processus de traitement des plaintes archaïque : des pairs jugés par des pairs. Nous comprenons mal que des amendements à la Charte, visant à mieux protéger les victimes d’actes à caractère sexuel, n’obtiennent pas votre appui immédiat.

Il est temps d’agir

Le projet de loi à l’étude est le résultat d’une vaste consultation, tous les groupes y ont participé et le résultat tient compte des différents points de vue. Les modifications ont d’ailleurs obtenu l’aval des instances universitaires. Nous avons constaté en commission parlementaire qu’un consensus existe et que les parlementaires abordent cette question de façon constructive.

Madame David, vous devez profiter de cette conjoncture favorable et ne pas laisser la législature se terminer sans agir, ce qui reviendrait à remettre le cadran à zéro et à bazarder des mois de travail. Vous avez une responsabilité très grande face à notre université. Ne tardez pas à donner suite en enclenchant dès maintenant l’étude article par article du projet de loi 234.

Le Québec mise à raison sur le haut savoir et l’innovation pour son développement. Le gouvernement doit mettre en place les conditions pour qu’une de ses institutions phares puisse continuer à se développer et à rayonner. Nous avons confiance que vous saurez poursuivre le travail amorcé et mener ce bateau à bon port.

-Jacques Girard

Président de l’Association des diplômés de l’Université de Montréal (ADUM)