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[PHOTOS] Belles retrouvailles pour Alex Harvey

Il est toujours en réflexion pour les JO de 2022

Alex Harvey et sa conjointe, Sophie Ringuet
Photo Simon Clark Alex Harvey et sa conjointe, Sophie Ringuet

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«Crève-cœur», «tristesse», «désolation» : tous les superlatifs y ont passé lorsque Alex Harvey a échappé la médaille qu’il espérait tant aux Jeux olympiques de Pyeongchang. Le dessin que lui a tendu Vanessa Néron à son arrivée à l’aéroport de Québec, lundi, saura bien la remplacer, cette fichue médaille.

Chez toutes les familles soutenues par Laura Lémerveil, on sait tout de la quatrième place déchirante vécue par leur athlète chouchou à l’épreuve de 50 km des Jeux. Quand on s’approche de cet organisme voué aux polyhandicapés, pour lequel Harvey agit comme porte-parole depuis quatre ans, on peut entendre se dégonfler tous les résultats soufflés avec le même air que le ballon médiatique.

«Nos enfants sont très souvent en quatrième place, mais ils atteignent parfois la première. Quand Vanessa réussit seulement à plier un carton quand elle fait une carte de Noël, c’est une victoire. Le but ultime n’est pas nécessairement le rang où tu finis. Il faut arriver à se demander : “es-tu fier de toi?”» nous enseigne Joanne Néron, qui a quitté la fonction publique après une carrière de 18 années pour devenir coordonnatrice des services financiers à Laura Lémerveil, il y a huit ans, là où sa fille y trouve son bonheur.

Alex Harvey a été accueilli par l’organisme Laura Lémerveil, dont il est le porte-parole depuis quatre ans. Joanne Néron et sa fille Vanessa étaient accompagnées de François Bureau (administrateur), Sandra Lambert (directrice générale) et Samantha Picard (coordonnatrice aux communications).
Photo Simon Clark
Alex Harvey a été accueilli par l’organisme Laura Lémerveil, dont il est le porte-parole depuis quatre ans. Joanne Néron et sa fille Vanessa étaient accompagnées de François Bureau (administrateur), Sandra Lambert (directrice générale) et Samantha Picard (coordonnatrice aux communications).

«Je suis chanceux»

Alex Harvey a répété lundi avoir digéré sa déception d’avoir raté le podium olympique. Qui dit retour à la maison dit aussi retour à la réalité. L’un de ses premiers contacts captés par les caméras à l’aéroport l’ont montré, avec sa compassion naturelle, s’approchant de Vanessa Néron qui, à 26 ans, a presque le même âge que lui. Deux mondes venaient de se rencontrer. Pour cette bénéficiaire de Laura Lémerveil, elle avait maintenant devant lui, enfin, le skieur qu’elle ne reconnaît que sur des photos.

«C’est pour ça que je suis chanceux de parrainer un organisme comme ça parce que ça me permet de relativiser les choses», avoue l’athlète de 29 ans.

Alex Harvey et sa conjointe, Sophie Ringuet
Photo Simon Clark

«Oui, ce sont les Jeux olympiques, je suis en super santé, je suis dans la meilleure forme de ma vie, je voyage autour du monde, je suis indépendant et je suis libre de faire tout ce que je veux. Quand je vois ces gens-là en chaise roulante et leurs parents qui s’en occupent 24 heures sur 24, je sais que ce n’est pas seulement l’enfant qui souffre, c’est toute la famille autour.»

Une inspiration

Voir le champion du monde en personne, pour Vanessa, s’inscrit dans la mission de Laura Lémerveil, où stimuler ces gens à la restriction extrême d’autonomie donne de beaux résultats. Joanne Néron se souvient avoir entendu des médecins, à sa sortie de l’hôpital Sainte-Justine, dire que son enfant allait devoir être gavée toute sa vie, si peu sa vie allait durer.

Les progrès de la médecine ont amélioré le sort des polyhandicapés. Les stimulus également. Comme celui venant d’un champion du monde de ski de fond.

Alex Harvey et sa conjointe, Sophie Ringuet
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«Tous ceux qui participent aux Olympiques, même ceux qui s’entraînent pour s’y rendre, on représente 1 % de la société en santé. On est tellement chanceux. Ces gens-là ont de bien plus grands défis que nous à relever jour après jour», rappelle Harvey.

«On est très honorés qu’il nous ait choisis pour agir comme porte-parole», affirme Sandra Lambert, fondatrice de Laura Lémerveil.

«Il est une inspiration pour notre monde. Il l’a démontré de la façon qu’il a réagi après sa quatrième place aux Jeux. On a vu qu’il y avait une personne derrière l’athlète. Comme il y a une personne derrière chacun de nos enfants.»

Le Comité international olympique ne possède pas toujours la récompense ultime pour un athlète. Un comité d’accueil local peut aussi s’en charger.

Alex Harvey et sa conjointe, Sophie Ringuet
Photo Simon Clark

Chances «très, très» minces pour 2022

Le discours d’Alex Harvey a peu changé : la saison prochaine s’annonce comme sa dernière en carrière, malgré qu’il n’a pas fermé la porte à un cycle olympique de quatre ans.

«Un cycle de quatre ans, c’est trop loin pour moi. Ce n’est pas hors de question, mais les chances sont très, très minces. Je veux continuer à 100 % et je vais voir comment je me sens dans 365 jours, mais fort probablement que ça va être ma dernière», a-t-il répété.

«La décision de la retraite va venir de lui», précise sa conjointe, Sophie Ringuet, qui perçoit de plus en plus des signes de lassitude en lui en raison des longues saisons loin de la maison.

Alex Harvey et sa conjointe, Sophie Ringuet
Photo Simon Clark

«Surtout si Devon (Kershaw, son coéquipier) décide de mettre fin à sa carrière. Ça pourrait influencer encore plus sa décision. Devon, c’est sa blonde numéro deux!» illustre-t-elle.

Une course en famille

La saison n’est pas réellement finie. Alex Harvey participera à l’épreuve de 48 km à la Loppet du mont Sainte-Anne, le samedi 31 mars, en compagnie de son père Pierre et de sa sœur Sophie.

«Ça va être plaisant de faire une longue compétition pour clore la saison. Il y a encore beaucoup de neige et il y a encore du beau ski à faire. J’ai hâte», dit-il.

Alex Harvey et sa conjointe, Sophie Ringuet
Photo Simon Clark

«Alex a beaucoup à cœur le développement de son sport, et c’est une sorte de legs pour lui que de participer à ce genre de course», affirme le paternel, qui prévoit mettre trois heures pour parcourir les 48 km.

«Si j’essaie de suivre Alex, vous allez probablement me trouver couché dans un banc de neige!»

Pas de nostalgie

Encore un peu de ski, des vacances à Hawaï et la suite de ses études en droit occuperont les prochaines semaines avant que le champion du monde du 50 km ne prépare ses munitions afin d’aller défendre son titre à Seefeld, en Autriche, en mars 2019. Pas de place pour la nostalgie pour cette éventuelle dernière saison.

Alex Harvey et sa conjointe, Sophie Ringuet
Photo Simon Clark

«Je suis capable de vivre des émotions, mais je ne suis pas trop nostalgique. Pour l’instant, je veux me reposer. Ensuite, j’aurai des rencontres avec Louis (Bouchard, son entraîneur) pour établir le meilleur plan possible pour avoir une super saison comme les trois ou quatre dernières.»