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Trois braqueurs seniors trahis par le cadet du clan

Les voleurs de banques sexagénaires et un complice flambeur plaident coupables

Le quatuor était soupçonné d’avoir volé 430 000 $ à des agents de Garda, à Longueuil, le 21 août 2014, mais ce larcin ne compte pas parmi ceux dont les accusés se sont avoués coupables.
Photo d’archives Le quatuor était soupçonné d’avoir volé 430 000 $ à des agents de Garda, à Longueuil, le 21 août 2014, mais ce larcin ne compte pas parmi ceux dont les accusés se sont avoués coupables.

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Quatre braqueurs de fourgons blindés que la police de Montréal a capturés parce que l’un d’eux s’était lancé dans de folles dépenses ont prononcé à plusieurs reprises le mot « coupable », mardi.

Le cadet du clan, David Stachula, 49 ans, n’en menait pas large aux côtés de ses complices sexagénaires dans le box des accusés. Il avait l’air le plus penaud des quatre. Et avec raison, à la lumière des éléments de preuve rocambolesques amassés par le SPVM, a appris Le Journal.

L’ingénieux gang de « Old Timers » était passé maître dans l’art de désactiver les systèmes d’alarme des banques où ils s’introduisaient pour se cacher et attendre que les agents de Garda viennent livrer des liquidités avant de les attaquer.

Pour y entrer, les voleurs fabriquaient des doubles de clefs des banques visées après avoir pris les empreintes des serrures dans lesquelles ils avaient inséré de la pâte à modeler. Ce travail de moine était apparemment la spécialité de Stachula.

Le soir du 29 janvier 2015, Stachula et son cousin, Walter Butt, 67 ans, ont réussi leur coup le plus payant en dérobant près de 900 000 $ à des agents dès leur arrivée à une banque RBC de la rue Van Horne.

Tout semblait aller sur des roulettes pour eux. Mais la police s’est mise à soupçonner Butt et deux autres récidivistes de 66 ans : Paul Thomas Bryntwick, un proche du gang de l’Ouest, et Serge Fournier, que ses complices anglophones surnommaient « The French Guy ».

Paul Thomas Bryntwick<br>
<i>Coupable</i>
Photo Courtoisie
Paul Thomas Bryntwick
Coupable
Walter Butt<br>
<i>Coupable</i>
Photo Courtoisie
Walter Butt
Coupable
Serge Fournier<br>
<i>Coupable</i>
Photo Courtoisie
Serge Fournier
Coupable
David Stachula<br>
<i>Coupable</i>
Photo Courtoisie
David Stachula
Coupable

Pressé de flamber le fric

La piste s’est réchauffée quand les enquêteurs de l’unité des crimes majeurs ont mis leur nez dans les finances de Stachula.

Sans emploi légitime, le résidant de Sainte-Marthe-sur-le-Lac avait néanmoins déposé 90 000 $ dans un de ses comptes de banque et remboursé un prêt de 31 846 $ contracté en 2013 pour sa piscine creusée.

Il avait aussi dépensé 50 000 $ sur ses cartes de crédit en un an, dont 3582 $ de factures de restos en un seul mois.

Un micro secrètement installé par les policiers dans la Buick de Butt leur a aussi permis d’entendre Stachula dire qu’il voulait s’acheter une nouvelle maison d’une valeur de plus d’un demi-million $, mais que les banques ne voulaient plus lui consentir de prêt.

Stachula et ses complices ont été arrêtés en décembre 2015. Deux mois plus tard, la procureure générale a saisi sa maison où la police a trouvé 87 000 $ « cash », de la pâte à modeler et des dizaines de doubles de clés. Sa conjointe l’a aussitôt largué.

Le quatuor s’est reconnu coupable de complot, de vol qualifié, de séquestration et de possession illégale d’armes à feu. Initialement inculpés de sept vols à main armée totalisant 2,5 millions $, les accusés ont finalement avoué leur rôle dans trois larcins, où les pertes atteignaient un million et demi de dollars.


► Détenus depuis leur arrestation en décembre 2015, les braqueurs connaîtront leur sentence en septembre prochain.