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Croc-en-jambe de la Caisse au projet de Lisée

POL-CONFÉRENCE DE PRESSE DE JEAN-FRANÇOIS LISÉE
Photo Agence QMI, Sébastien St-Jean

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Cela ne fait manifestement pas l’affaire de Michael Sabia que le chef péquiste Jean-François Lisée propose de remplacer le REM de la Caisse de dépôt et placement par un projet de transport en commun plus inclusif, le « Grand Déblocage ».

Évalué à 7,4 milliards, soit 1 milliard de plus que le REM, le réseau de tramways du « Grand Déblocage » couvrirait énormément plus de territoire que le REM. Selon le PQ, le projet générerait 508 000 déplacements de plus que le REM, tout en générant à terme une réduction de 133 000 véhicules aux heures de pointe et de 280 000 tonnes de gaz à effet de serre, soit huit fois plus que les réductions estimées pour le REM.

Contre-attaque

À la suite de la conférence de presse de M. Lisée, mardi dernier, deux porte-parole de la Caisse ont envoyé aux médias le même communiqué qui vantait les mérites du REM de la Caisse.

Sous quel prétexte ? « En réponse à plusieurs demandes que nous avons reçues et pour anticiper celles qui viendront, voici certaines précisions au sujet du REM afin de vous faciliter la tâche et vos contraintes de tombée. »

Ce n’est pas tout. Alors que M. Lisée faisait la tournée des médias pour expliquer son projet « Grand Déblocage », le porte-parole de la Caisse affirmait au journaliste Sébastien Bovet, de Radio-Canada, que le remplacement du REM par le projet de M. Lisée allait entraîner des pénalités de 1 milliard $.

La pénalité surprise

Qu’il y ait des pénalités à payer, le chef péquiste n’en doute pas. Mais il se demande, à juste raison, d’où vient ce chiffre de 1 milliard $ de pénalités que la Caisse avance en vue de dénigrer publiquement son projet.

Ce chiffre a d’autant plus surpris François Lisée que c’est, a-t-il dit, la première fois depuis sa rencontre en février dernier avec Michael Sabia (à propos de son projet Grand Déblocage) que la Caisse sort de son chapeau une telle pénalité. Et ce, sans donner le moindre détail sur la composition de ladite pénalité de 1 milliard $.

Entre nous, je vois mal l’actuel grand vainqueur du REM, soit le Groupe SNC-Lavalin, exiger le paiement de lourdes pénalités en échange d’une extension de son contrat dans le cadre du « Grand Déblocage ». En affaires, conserver un contrat, c’est pas mal plus payant qu’encaisser une pénalité.

Campagne électorale

En pleine campagne électorale, les grands mandarins de l’État doivent faire preuve de discrétion.

J’inviterais Michael Sabia a en faire autant avec la remise en question de son REM, tant par le chef péquiste que le chef de la CAQ. François Legault souhaite renégocier l’octroi à Alstom du contrat des trains du REM, question de permettre aux employés de l’usine Bombardier de La Pocatière d’en profiter.

La Caisse n’a pas le mandat de faire de la « petite » politique.