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Une méthode pour guérir des traumatismes

Une méthode pour guérir des traumatismes
Photo courtoisie, Julien Faugère

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Après avoir raconté comment il était parvenu à guérir du trouble du stress post-traumatique dans J’ai failli y laisser mon âme, le chirurgien suisse Daniel Dufour explique dans Le bout du tunnel la méthode qu’il a mise au point pour libérer les émotions bloquées au moment du traumatisme.

Le trouble du stress post-traumatique (TSPT) affecte non seulement les soldats et les victimes de la guerre ou d’agressions, explique-t-il, mais aussi des milliers de policiers, ambulanciers, médecins, travailleurs sociaux qui doivent affronter l’horreur dans leur travail quotidien.

Le Dr Dufour, qui sait très bien de quoi il parle, car il a été exposé à des situations épouvantables lors de ses missions d’aide humanitaire, n’en a pas été exempté. Il a souffert pendant des années du TSPT et s’est donné pour mission d’en guérir une fois pour toutes, grâce à une approche qui libère les émotions bloquées au moment du traumatisme.

Cette méthode, qu’il appelle OGE (« À l’envers de l’ego »), est expliquée de A à Z dans son nouveau livre, Le bout du tunnel. « Le but du livre, c’est d’être pratique et de dire qu’on peut en guérir, surtout. Ce qui court, en tout cas en Europe, c’est qu’on peut vivre avec le TSPT, mais en guérir, c’est exclu. Mais ce n’est pas vrai », dit-il en entrevue.

Des millions de personnes

« J’ai écrit J’ai falli y laisser mon âme pour dire qu’il n’y a pas que les soldats qui en souffraient. Les soldats font un métier à risque. Mais tous les hommes et les femmes qui ont été violés, abusés, battus, agressés, et toutes les personnes qui sont aussi indirectement exposées à ça peuvent aussi en souffrir. C’est des millions et des millions de personnes qui peuvent souffrir de cela. Actuellement, tous les réfugiés sont des candidats à souffrir du TSPT. »

Il souhaite éveiller les gens qui souffrent en leur faisant réfléchir aux causes de leurs problèmes. « Souvent, quand on remonte à la cause, on va trouver des violences et des traumatismes. [...] Ce n’est pas miraculeux : en traitant la cause, on va éviter de faire des traitements complètement dans le vide, qui ne marchent pas, parce qu’on ne va pas traiter l’origine, c’est-à-dire des violences qui ont été vécues peut-être des années avant.

« En ne traitant que le symptôme, et non pas la cause, les personnes sont sous traitements, sous médicaments, à vie. Puis on leur dit de faire avec. C’est souvent le langage médical. Excusez-moi, mais c’est accepter l’inacceptable, point. »

Agir sur la cause

La méthode OGE, assure-t-il, fonctionne, car elle agit sur la cause. « La cause, c’est de l’énergie qui est restée captive dans le corps de la personne, depuis des années ou des mois et des mois. En plus, il y a l’énergie de la colère, qui est l’émotion de base quand vous êtes abusé, violenté, que vous vous faites renverser par une voiture, que vous vivez une tornade ou que votre maison est brûlée.

« Quand vous débloquez cette énergie en vous donnant le droit d’exprimer la colère qui est très profonde et très grande, vous faites recirculer votre énergie dans le corps et les choses se remettent en place. Ça paraît très simple à dire, mais à faire, c’est plus compliqué parce qu’il y a ce foutu mental qui est tout le temps en train de dire les excuses qu’on trouve... et que souvent l’entourage dit aussi. »

  • Le Dr Daniel Dufour est chirurgien. Il a été coordonnateur pour le Comité international de la Croix-Rouge. Il exerce aujourd’hui une médecine globale qui traite autant les causes que les symptômes.
  • Il a écrit plusieurs ouvrages, dont J’ai failli y laisser mon âme et Le tumulte amoureux.
  • Il est en tournée au Québec jusqu’au 8 avril.

EXTRAIT

Le bout du tunnel
Dr Daniel Dufour,  
Les Éditions 
de l’Homme, 
200 pages.
Photo courtoisie
Le bout du tunnel Dr Daniel Dufour, Les Éditions de l’Homme, 200 pages.

 

« Comment exprimer véritablement une émotion ? (Cette question n’est-elle pas celle d’un adulte bien gangrené par son mental ?) Une fois l’émotion bloquée ressentie sous forme d’une grande tension dans son corps physique, la personne doit se libérer de celle-ci en criant, en pleurant ou en riant. Cela doit se faire la bouche ouverte et non fermée, en signe de total abandon et d’ouverture. Cette expression, semblable à une libération, doit être très physique et non pas intellectuelle. On pourrait comparer ce type d’expression au vomissement dans le cas d’une indigestion. »

– Dr Daniel Dufour, Le bout du tunnel, Les Éditions de l’Homme