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Yamaska: la suite de la télésérie, deux ans plus tard

Yamaska: la suite de la télésérie, deux ans plus tard
Photo courtoisie TVA

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La scénariste Anne Boyer et la romancière Dominique Drouin – aussi scénariste – ont imaginé ce qui se passait dans la vie de Réjanne, Hélène et Julie, trois héroïnes de la télésérie à succès Yamaska, dans trois romans qui vont combler les fans de la série – même ceux et celles qui ne l’ont pas suivie.

Pendant sept ans, la série Yamaska, écrite par les scénaristes Anne Boyer et Michel d’Astous, a fait vibrer plus d’un million de Québécois chaque semaine sur le réseau TVA.

Anne Boyer, auteure
Photo courtoisie Marili Levac
Anne Boyer, auteure

Anne Boyer, avec la complicité de Dominique Drouin, propose un complément romanesque à la série en imaginant le destin, deux ans plus tard, des trois femmes qui étaient au cœur de la série : Hélène, Julie et Réjanne.

Hélène (écrit par Anne) peine à se remettre du décès d’Étienne et ne croit plus l’amour possible lorsqu’un beau vétérinaire, Gabriel Delisle, surgit dans sa vie. Le jour où ils peuvent enfin vivre leur idylle, une épreuve terrible les sépare.

Julie (écrit par Anne et Dominique) redécouvre les joies de la vie à deux avec William. Mais lors d’un congrès où elle est honorée, un événement tragique fait en sorte que sa vie bascule. S’ensuit un long moment de silence et de solitude.

Réjanne (écrit par Dominique) s’est toujours sentie redevable envers Haïti, le pays qui lui a donné son fils adoptif. Elle décide de mettre sur pied une fondation dans le but de reconstruire l’orphelinat qui a été détruit par le tremblement de terre de 2010. Elle croisera la mère biologique de son fils et l’invitera au Québec.

« C’est une expérience un peu ­stressante pour moi et j’étais contente d’être avec Dominique Drouin ! Elle a quatre gros romans derrière la cravate et c’est surtout une scénariste, comme moi. On travaille de façon semblable », révèle Anne Boyer, qui avait le goût d’écrire un roman depuis longtemps.

Renouer avec les personnages

« C’est un hybride entre la littérature et un scénario. Quand j’ai eu cette idée, j’avais envie de renouer avec ces personnages dont je m’ennuyais. Ce sont des personnages qui m’ont beaucoup habitée. J’ai écrit pour ces trois comédiennes pendant sept ans : je connais leur débit, je sais comment elles réagissent. »

Elle s’est mise à la place des gens qui ont aimé la série Yamaska. « ­Pendant sept ans, on avait de grosses cotes d’écoute. J’avais ­beaucoup de fans sur Facebook et il y en a encore plus de 130 000 qui réagissent quand on poste quelque chose. J’avais envie de leur offrir le destin de mes personnages, après une disparition de deux ans. C’était tellement l’fun de recommencer à écrire pour ces personnages ! »

Formidable sens du timing

Le roman Hélène, qu’elle a écrit en solo, est rempli de retournements inattendus. Anne Boyer a du souffle, comme romancière, et un formidable sens du timing, comme scénariste. Les trois romans se déroulent en même temps, mais ils ont des styles différents.

« Il y a beaucoup d’action dans le roman Hélène. Ce sont trois histoires très différentes où on renoue chaque fois avec l’univers de Yamaska. On est même capable de les mettre dans les décors clairs. Il y a quelque chose de réconfortant à revenir là-dedans. »

 

Des personnages rassurants et attachants

Dominique  Drouin, auteure
Photo courtoisie Sarah Scott
Dominique Drouin, auteure

La romancière et scénariste Dominique Drouin, auteure de la série De mère en filles et amie de longue date d’Anne Boyer, s’est jointe à l’aventure d’écriture... en écoutant d’abord en rafale les centaines d’heures de la télésérie.

« Pour moi, c’était un défi. C’est une série qui existe, il faut que je fasse la suite avec Anne. J’avais déjà vu la ­série, mais là, c’est pas pareil ! J’ai vu 163 épisodes. J’en rêvais la nuit ! », évoque-t-elle en riant.

Elle a donc pu s’imprégner des personnages. « Il y a une humanité dans les personnages que j’aime beaucoup. Ces personnages sont ancrés dans leur réalité et j’ai de la facilité à me plier à ces univers qui sont proches du monde ordinaire, avec des problèmes que tout le monde a. »

Tout le ­savoir-faire

des deux ­scénaristes apparaît entre les lignes : l’art de conduire une intrigue, de faire en sorte que les personnages sont attachants dès le début, de créer des scènes qui sont bien ancrées dans la réalité, des dialogues réalistes, des textes extrêmement accrocheurs. « On est des auteures de télé au départ, donc on avait la vision de faire des romans structurés comme à la télé, c’est-à-dire bâtis presque scène par scène, et très dialogués. »

À son avis, il n’est pas nécessaire d’avoir suivi la série pour s’intéresser aux romans. « On voulait que l’histoire se tienne en soi, note-t-elle. Sur les réseaux sociaux, on a vu que les gens souhaitaient voir la suite. C’est leur univers : ils veulent savoir ce qui est arrivé. »

Des comédiennes chéries

Les rôles des trois femmes ont été tenus par des comédiennes chéries du public. « Tu t’attaches à ces personnages comme s’ils étaient des gens que tu connais. J’ai vu la série d’un bout à l’autre et je comprends que les gens aient tant aimé cette série, et ces comédiennes. Elles jouent vrai. » Elle aime la solidarité qui existe entre les trois couples et entre les trois femmes. « C’est réconfortant de voir une telle amitié entre les femmes. Ce qui est l’fun, c’est qu’il y a une histoire d’amour, une histoire plus sociale et la troisième histoire est plus proche du roman : Julie est un personnage qui vit une crise intérieure importante. »

Elle avoue se sentir plus proche de Réjanne, parce qu’elle a adopté un enfant d’Haïti. « Je me suis plus vite identifiée à elle. Je ­comprenais bien ce qu’elle était en train de vivre et je me trouvais chanceuse de pouvoir écrire là-dessus. »

 

Paroles d’actrices

Yamaska: la suite de la télésérie, deux ans plus tard
Photo courtoisie Éditions de l'Homme

« Anne Boyer avait envie de faire vivre ces femmes qui avaient beaucoup marqué les gens. Même aujourd’hui, on m’en parle encore. Beaucoup de femmes, et des hommes aussi, me disent : on s’ennuie, mon Dieu qu’on aimait ça ! Les gens étaient très attachés aux personnages. Anne et Dominique font le pont entre la série et le roman. C’est littéraire, mais il y a beaucoup de dialogues. Les gens peuvent entrer facilement dedans. Le roman me donne beaucoup l’espoir qu’on peut retomber amoureuse après un deuil. Je trouvais que ça donnait une note d’espoir à beaucoup de gens qui vivent une chose comme ça. C’est une évolution totale, depuis le début de la série. Les deux autres femmes vivent des trucs complètement différents. On se reconnaît évidemment dans l’écriture, parce qu’on a fait la série pendant sept ans. Mais en même temps, c’est très différent : c’est comme si on pouvait assister, de l’extérieur, à l’évolution de notre personnage. Est-ce que ça va donner une autre série télé ? A-ha ! »

– Anne-Marie Cadieux (Hélène)


Yamaska: la suite de la télésérie, deux ans plus tard
Photo courtoisie Éditions de l'Homme

« Sympathique de retrouver ma Julie ! C’est surtout chouette de voir que l’auteure Anne Boyer avait envie d’écrire encore pour ces merveilleux personnages de femmes. Les fans de Yamaska vont revoir les personnages comme si chacune des pages était une nouvelle scène. Ce rôle a été très important pour moi. Je me demandais si, après Virginie, on m’engagerait pour un nouveau personnage. Avec Julie est arrivé un soupir de soulagement et surtout une aventure avec une équipe extraordinaire. Sept belles années à évoluer dans l’univers des Harrisson... qui ont passé trop vite ! »

– Chantal Fontaine (Julie)


Yamaska: la suite de la télésérie, deux ans plus tard
Photo courtoisie Éditions de l'Homme

« J’avais une sorte d’affection pour Réjanne. Ce que j’aimais, c’était son côté chaotique, bipolaire. Quand on a commencé, c’était quelque chose quand même d’assumer quelqu’un qui avait des problèmes mentaux. C’était un défi de la part des auteurs de mettre ça au monde et pour moi, de prendre ça au bond. J’avoue que, contre toute attente, le public a été très attentif à tous les soubresauts d’un personnage aussi agité, aussi instable. Évidemment, on m’en a beaucoup parlé sur la rue. Ce qui m’a fait chaud au cœur dans la lecture, c’est de voir ce personnage qui continue à vivre. Quand je la lis, je le vois, mais plus que ça : je le ressens, parce que je l’ai jouée ! Je sais comment elle était habillée, coiffée. C’est très l’fun de la voir évoluer. Les gens qui ont aimé la série Yamaska vont être bien servis avec les trois romans. Ils vont faire un vrai plongeon dans l’univers de ces Granbyens. »

– Élise Guilbault (Réjanne)