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Shakespeare is well and alive à Montréal

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Le très, très vieux William Shakespeare – 454 ans bien sonnés – n’a jamais été aussi jeune qu’au Théâtre Denise-Pelletier où il séjourne jusqu’au 18 avril. N’allez surtout pas croire que le vieux est retombé en enfance et qu’il radote. Vitaminé jusqu’au bout des ongles par le Théâtre Advienne que pourra de Lanaudière, il pète le feu et enchante tous ceux qui viennent le voir.

La plupart du temps, on se contente de mettre en scène un Shakespeare vaguement rajeuni au botox. Le metteur en scène Frédéric Bélanger et l’auteur Steve Gagnon, eux, lui ont donné un authentique « lifting ». Les spectateurs sont donc transportés par un Songe d’une nuit d’été qui ne ressemble à aucun autre qu’ils pourraient avoir déjà vu.

Dans ce spectacle que transcende l’éblouissante Maud Guérin, aussi sensuelle et irréelle que Marilyn Monroe dans son rôle de Titania, pas un seul interprète ne détonne. Des comédiennes comme Karine Gonthier-Hyndman (Nouvelle adresse, Like-moi, etc.) et Olivia Palacci (Mensonges) livrent même des performances qui tiennent du plus pur comique.

Dany Boudreault (Destinées) incarne un Puck transgenre ou queer ou androgyne (à vous de choisir), qui promène son personnage et son sac à malices avec autant d’aisance sur scène qu’au milieu de l’assistance. Nous faisons d’ailleurs partie du Songe, car nous sommes littéralement intégrés à la pièce d’habile manière par Olivia Palacci et les deux ouvreurs, Jean-Philippe Perras et Adrien Bletton.

L’AMOUR, TOUJOURS L’AMOUR

Dans cette fable, deux couples d’amoureux transis se retrouvent mêlés à une querelle entre Oberon (Étienne Pilon), le roi des Elfes, et Titania, la reine des fées, pendant que des comédiens amateurs préparent une pièce pour un mariage princier. Tous s’entrecroisent dans un lieu qui n’a rien à voir avec la mystérieuse forêt imaginée par Shakespeare et la plupart des metteurs en scène qui l’ont suivi.

Frédéric Bélanger a choisi de faire évoluer ses personnages dans ce qui pourrait être un quartier de boîtes de nuit. Un lieu que surplombent d’imposantes lettres lumineuses, accrochées sur trois niveaux différents et qui composent le mot DREAM.

Lorsque j’assiste à un spectacle aussi réussi que celui-là, je ne peux que m’extasier sur le talent phénoménal des jeunes artistes du Québec. Je ne peux que déplorer aussi que Radio-Canada n’arrive pas à mettre tout ce talent à profit pour présenter des émissions qui le distingueraient de la télévision privée et pourraient lui permettre de rivaliser avec des télévisions publiques aussi prestigieuses que la BBC ou PBS.

SPÉCIALE, MAIS NON SPÉCIALISÉE

Télé-Québec est une chaîne généraliste, mais non « spécialisée » comme j’ai pu le laisser entendre dans ma chronique de mardi dernier. Télé-Québec n’a donc jamais touché de redevances des distributeurs.

TROP, C’EST TROP

Patrice Lemieux, le faux joueur de hockey incarné par Daniel Savoie, a fait rire tout le Québec suite à sa découverte au Bye Bye 2012. Aujourd’hui, Savoie en met tellement qu’il n’est plus drôle. Si j’étais lui, je reverrais mes premières prestations afin de revenir à une juste mesure et nous faire rire de nouveau.

Ce n’est pas sans danger qu’on joue avec les mots. Sol (Marc Favreau) avait, lui aussi, succombé à la quantité, perdant beaucoup en efficacité. Le même danger guette le merveilleux conteur qu’est encore Fred Pellerin