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Enregistrement des Armes d’assaut et prohibées: oui, mais pas les autres

Les Québécois ont jusqu’au 28 janvier prochain pour enregistrer leurs armes. Ils devront fournir un tas d’informations comme la description de l’arme, la marque, le modèle, etc.
Photo courtoisie Les Québécois ont jusqu’au 28 janvier prochain pour enregistrer leurs armes. Ils devront fournir un tas d’informations comme la description de l’arme, la marque, le modèle, etc.

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Avec son projet de loi 64, le gouvernement s’apprête à encadrer tous les propriétaires d’armes à feu. Je suis d’accord avec l’idée concernant les armes d’assaut, les modèles prohibés, automatiques ou avec des chargeurs de grande capacité. Mais pour les autres – les chasseurs, les tireurs et les collectionneurs –, je ne vois pas l’utilité d’un tel encadrement.

Les Québécois ont jusqu’au 28 janvier prochain pour enregistrer leurs armes. Ils devront fournir un tas d’informations comme la description de l’arme, la marque, le modèle, la longueur du canon, le type de mécanisme, le calibre, le numéro de série et l’endroit où elle est gardée. Le propriétaire doit aussi s’identifier, indiquer ses coordonnées, sa date de naissance et son numéro de permis de possession d’arme à feu.

Il y a 1 700 000 armes en circulation au Québec. Cela représente donc 4657 armes par jour, 194 armes par heure, 24 heures par jour, incluant les samedis, les dimanches et les jours fériés. C’est donc un projet irréalisable.

De toute façon, je crois que le gouvernement a assez d’informations sur nous, les chasseurs, tireurs d’occasion ou collectionneurs.

Pour devenir chasseur, il faut effectuer plusieurs démarches. On doit suivre le cours canadien de sécurité dans le maniement des armes à feu ainsi qu’un cours d’initiation à la chasse avec arme à feu. Après avoir été accrédité, on doit remplir un questionnaire de la GRC pour obtenir notre permis de possession et d’acquisition d’arme à feu, renouvelable aux cinq ans.

Furieux

On peut ensuite faire l’acquisition d’un fusil ou d’une carabine avec une action à culasse, à pompe ou semi-automatique. Il y aura un maximum de cinq cartouches dans notre arme qui mesurera en moyenne un mètre ou plus (40 pouces).

Je comprends les propriétaires d’armes acquises en toute légalité d’être furieux présentement. Avec la nouvelle réglementation du gouvernement, ils passent dans le tordeur au même titre que les propriétaires d’armes d’assaut et illégales.

Les criminels peuvent acheter sur le marché noir des petites mitraillettes, des armes de poing, des modèles prohibés. Ils ne se servent pas d’armes de chasse pour commettre leurs crimes.

Pour ma part, mon premier souvenir de chasse remonte à presque cinq décennies. J’avais alors cinq ans. Je marchais juste derrière mon grand-père Athanase, équipé de son vieux .410 à bascule. Soudainement, on a entendu les cris d’une outarde. Grand-papa souleva son canon et fit feu. Foudroyé, l’oiseau tomba comme une poche. Un festin royal s’ensuivit. Quel beau souvenir ! Jusqu’à sa mort en 1985, il garda ce fusil entreposé dans sa garde-robe. Comme des millions d’autres Québécois, Athanase a eu des armes chez lui sans pour autant représenter une menace pour la société.

Très impliqué

M. Roland Côté, qui est bachelier en enseignement, a été policier pour la GRC pendant 21 ans et il a enseigné le cours sur la sécurité dans le maniement des armes à feu pendant plus de trois décennies.

Cet homme très lucide dont ses deux fils, frères jumeaux, se sont enlevé la vie à 11 ans d’intervalle, estime que le registre des armes à feu n’aurait fait aucune différence pour sa famille.

Aujourd’hui âgé de 80 ans, il s’oppose au projet de loi 64. À cet effet, il a envoyé de nombreuses lettres ouvertes aux principaux acteurs de ce dossier.

Voici certains extraits d’écrits de Roland Côté

Le registre québécois sur les armes d’épaule coûtera des centaines de millions de dollars aux contribuables. Il est tout à fait inutile et aucunement essentiel pour le travail des policiers. Le SCIRAF (Système canadien d’information relative aux armes à feu) est en place et consulté au besoin par les policiers du Canada depuis 1978 et est toujours en force et obligatoire pour toute transaction d’armes à feu. Ce système de traitement des données contient tous les noms et les adresses des personnes au Canada qui peuvent se procurer ou avoir légalement en leur possession une arme à feu et des munitions. J’ai enseigné ce système à la formation du personnel à la GRC pendant trois ans. Les policiers peuvent avoir l’information en 60 secondes à peine.

Le criminologue de réputation mondiale Philippe Bensimon déclare que 92 % des policiers canadiens considèrent le registre tout à fait inutile.

Depuis l’abolition du registre fédéral, les crimes avec arme à feu sont à la baisse. Étonnant n’est-ce pas ? Selon le sondage de la firme Léger d’avril 2015, 75 % des Québécois ne veulent pas de ce registre inutile.

Plus de 90 % des crimes avec violence le sont majoritairement avec des armes blanches, surtout des couteaux ? Saviez-vous que 8 à 9 % de ces crimes sont des règlements de compte avec armes à feu illégales qui proviennent du marché noir ? Saviez-vous qu’environ 1 % de ces crimes avec violence le sont avec des armes visées par le projet de loi 64, mais si l’on s’habilitait à investir ces millions en prévention auprès des gens touchés par la maladie mentale, on pourrait penser que ce 1 % de crimes avec violence ne ferait pas partie des statistiques.

Jacques Duchesneau, un ancien haut gradé et chef d’un corps de police vendu à la politique de cet ancien registre, a avoué en entrevue télévisée que ce registre n’avait jamais contribué à sauver quelque vie que ce soit.

La loi 64 a été adoptée sur des mensonges et de fausses statistiques. Le ministre Coiteux nous parle de sécurité publique ? Il est faux de prétendre que d’inscrire un numéro de série dans une banque de données peut prévenir un crime. Ce n’est jamais arrivé et ça n’arrivera jamais. Monsieur Coiteux croit-il qu’il est très sécurisant pour la population de relâcher 32 motards criminalisés afin qu’ils continuent à commettre des meurtres, des viols, des vols et du trafic de drogue (NDLR: le procès SharQc avorté) ?

À titre de solution et de prévention, il faut continuer de former de façon aussi assidue les nouveaux adeptes qui veulent un permis. Puis, lors du renouvellement, s’assurer à nouveau que le candidat réponde à toutes les exigences. Finalement, on doit investir dans la guérison des personnes atteintes de troubles mentaux.

De tout pour tous

Afin de souligner son 40e anniversaire d’existence, Zecs Québec et ses 63 organismes gestionnaires de zecs proposent une belle promotion à saveur familiale qui débute dès maintenant. Dorénavant, tous les enfants de 17 ans et moins pourront pêcher et chasser le petit gibier gratuitement s’ils sont accompagnés d’un adulte pratiquant lui aussi l’activité. Les gestionnaires vous attendent en grand nombre pour initier les jeunes dans leur réseau de liberté, comme ils l’appellent si bien. Pour en savoir plus, visitez le site www.reseauzec.com

Le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec a annoncé dernièrement que les chasseurs à l’orignal non résidents du Québec devront maintenant retenir les services d’une pourvoirie, d’une réserve faunique ou d’une zone d’exploitation contrôlée (zec) s’ils désirent pourchasser l’orignal au sud du 52e parallèle. Cette règle est déjà en vigueur au nord de cette position. Le ministre Luc Blanchette précisait qu’il souhaite ainsi maximiser les retombées économiques au sein des territoires fauniques structurés et permettre aux nemrods québécois de bénéficier d’un accès privilégié au territoire libre. Précisons que l’an dernier, 1,57 % des 177 000 permis ont été vendus à des non-résidents. Tandis que les dirigeants de la Fédération des pourvoiries du Québec, de Zecs Québec et de la Sépaq se réjouissaient de cette nouvelle pour des raisons évidentes, ceux de la Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs rageaient en expliquant que de nombreux non-résidents, qui accompagnaient des chasseurs québécois en territoires libres ou sur des terres privées, refuseront de payer plus cher pour aller en pourvoirie.