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Le Québec qui m’émeut

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Depuis une semaine, je capote.

Habituellement, quand je vous dis ça, c’est négatif. Mais cette fois-ci, je m’exclame de joie, je ne me peux plus d’admiration.

Théâtre, cinéma, télé, musée : le Québec hyper talentueux me fait vivre des émotions fortes. Voici mes coups de cœur des huit derniers jours.

ÉMOTION DU LUNDI

Avez-vous vu la finale des Pays d’en haut à Radio-Canada ? Vous pouvez revoir sur Ici.tou.tv cet épisode magistral qui vient clore la troisième saison de ce western québécois magnifiquement réalisé (eh oui, par Sylvain Archambault). La direction photo de Jérôme Sabourin est exceptionnelle, en particulier les visages en ombre et lumière.

Vincent Leclerc est un Séraphin complexe : chaque fois qu’on pense avoir cerné le personnage, il nous dévoile une autre facette. Et que dire de tous ces personnages secondaires savoureux : Michel Charette, Fabien Cloutier, Julie LeBreton sont fa-bu-leux !

Et les textes de Gilles Desjardins sont tellement truculents ! La scène du double mariage en accéléré était digne des Trois messes basses d’Alphonse Daudet, les adieux déchirants de Donalda­­­ à son fils m’ont fait frémir.

ÉMOTION DU DIMANCHE

La veille, c’est à TVA que j’ai été soufflée, par le duo d’enfer de Yama et Kelly à La Voix, sur Let it Be des Beatles. Je pleurais autant que Nanette, Garou et Lara réunis.

C’est un cliché de parler de « moment magique », mais comment trouver d’autres mots pour décrire ces quelques minutes de grâce ? Et quel beau symbole que ces deux jeunes Québécoises, originaires de Côte d’Ivoire et d’Haïti, touchant des milliers de cœurs qui battent !

ÉMOTION DU JEUDI

Jeudi dernier, c’était la première de L’Idiot au TNM. On a complètement dépoussiéré ce classique de Dostoïevski. Étienne Lepage a rendu le texte moderne et percutant tandis que Catherine Vidal l’a mis en scène comme une tragicomédie à la Ionesco. Que de trouvailles ! Les comédiens qui dansent le chacha (ou est-ce la bossa-nova ?), les costumes disjonctés, les perruques délirantes... qui aurait cru qu’un texte de 1874 puisse être si jouissif en 2018 ?

ÉMOTION DU MERCREDI

C’est au pavillon Lassonde du Musée national des Beaux-Arts du Québec, inondé de lumière, que j’ai eu des frissons. Je venais de voir la superbe exposition Giacometti, et j’ai été bouleversée par Empreintes mouvantes, danser Giacometti, du chorégraphe Harold Rhéaume. Oui, je sais, danser pour évoquer des sculptures et des peintures, c’est comme jouer du violon pour rendre hommage à de l’architecture. Mais les danseurs transmettaient tellement parfaitement la vulnérabilité des personnages de Giacometti que, je l’avoue, j’ai versé une larme. (Vous pouvez revoir Empreintes mouvantes les 31 mars et 21 avril).

ÉMOTION DU MARDI

Ma semaine avait bien commencé en allant voir Chien de garde, le premier film de Sophie Dupuis. J’ai vécu le même choc qu’avec J’ai tué ma mère, premier film de Xavier Dolan.

Oui, c’est encore un film québécois qui parle d’une famille dysfonctionnelle. Mais c’est tellement plus que ça ! Et pour la performance inoubliable de Maude Guérin, en mère alcoolique, absolument déchirante, ce film est un incontournable.

JUSTE MERCI

Traitez-moi de quétaine, de guimauve, d’hypersensible, mais ce matin je voulais juste dire « merci » à ces artistes et créateurs exceptionnels qui m’ont procuré tant d’émotions. J’ai déjà hâte à la semaine prochaine !