/news/society
Navigation

Pensionnats autochtones: Trudeau déçu par le refus du pape de s’excuser

Pensionnats autochtones: Trudeau déçu par le refus du pape de s’excuser
AFP

Coup d'oeil sur cet article

OTTAWA | Le premier ministre Justin Trudeau a exprimé sa déception, mercredi, au lendemain du refus du pape François d’offrir des excuses aux survivants des pensionnats autochtones au Canada.

«Je suis très déçu de la décision de l’Église catholique de ne pas offrir d’excuses pour les écoles résidentielles. Je pense que c’est un élément important pour la guérison et la réconciliation dans le pays», a indiqué le chef à son arrivée au caucus libéral.

Lors de son voyage au Vatican l’an dernier, M. Trudeau avait personnellement demandé au pape François de présenter des excuses formelles aux survivants.

Le pape ferme la porte

Il s’agissait d’une des recommandations comprises dans le rapport final de la Commission de vérité et réconciliation, déposé en 2015. Cette demande s’inspirait d’excuses similaires faites en 2010 par l’Église catholique aux Irlandais victimes d’abus sexuels par des religieux.

Or, dans une lettre adressée aux peuples autochtones mardi soir, la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC) a confirmé que les excuses du pape ne viendraient pas.

«Après avoir examiné attentivement la demande et l’avoir discutée abondamment avec les évêques du Canada, il était d’avis qu’il ne peut pas y répondre personnellement», a écrit l’évêque Lionel Gendron, président de la CECC.

Il a précisé qu’une visite du souverain pontife au Canada pourrait être envisagée, au cours de laquelle il pourrait rencontrer des peuples autochtones.

Condamnation

Le néo-démocrate Roméo Saganash, lui-même survivant des pensionnats autochtones, a condamné le refus de l’Église catholique sur Twitter. «Pour un Pape qui se dit pourvu d’une conscience sociale, son refus de s’excuser pour le rôle de son Église dans les Pensionnats n’est pas acceptable», a-t-il déploré.

«Je sais que les survivants et les catholiques qui nous ont approchés vont continuer de faire pression pour obtenir ces excuses», a déclaré la ministre des Relations Couronne-autochtones, Carolyn Bennett, elle aussi déçue par la décision de l’Église.

Le chef de l’opposition officielle, Andrew Scheer, a avancé qu’une institution ayant joué un rôle aussi important dans le «chapitre noir» des pensionnats autochtones présente des excuses, comme l’a fait le gouvernement conservateur en 2008.

Soulignant l’importance que l’Église reconnaisse les torts du passé, le député libéral Robert-Falcon Ouellette croit que ce n’est que partie remise pour des excuses officielles.

«Ce n’est pas fait encore, mais je crois que ça va l’être éventuellement. Le pape François a la justice à cœur, donc la volonté est sûrement là. Mais l’Église est une grosse institution et peut-être qu’elle n’est juste pas prête à s’excuser encore», a affirmé le politicien cri, dont le père est un survivant des pensionnats autochtones.