/news/currentevents
Navigation

Un recours collectif contre le SPVM pour profilage racial se prépare

Un recours collectif contre le SPVM pour profilage racial se prépare
PHOTO AGENCE QMI, JOËL LEMAY

Coup d'oeil sur cet article

MONTRÉAL - Un recours collectif accusant le SPVM de profilage racial, piloté par l’avocat Jacki-Éric Salvant en collaboration avec la Ligue des noirs, est en préparation.

Mercredi, le Tribunal des droits de la personne a rendu publique une décision condamnant le SPVM et deux de ses agents à verser 14 000 $ à un automobiliste noir pour profilage racial.

«Il y en aura d’autres, faites-moi confiance», a déclaré Me Jacki-Éric Salvant en entrevue vendredi sur les ondes de LCN, au sujet de ce genre de cas.

«À la Ligue des Noirs, nous souhaitons que les juges soient tout au moins informés de la réalité brutale du profilage racial», a pour sa part expliqué Gabriel Bazin, vice-président de la Ligue des Noirs.

«Est-ce que la BMW vous appartient ?»

Le 21 mars dernier, Me Salvant a lui-même vécu une situation problématique avec les autorités.

Alors qu’il attendait quelqu’un dans sa voiture -- une BMW -- dans le stationnement d’un centre commercial du boulevard Pie IX, quatre policiers du SPVM l’ont interpellé.

Après lui avoir demandé si la «BM» lui appartenait, un agent lui a demandé ses papiers d’identité.

Après être sorti de son véhicule et avoir été encerclé par les quatre policiers, Me Salvant a sorti sa carte d’avocat pour leur prouver qu’il pratiquait bien cette profession. Une fois la chose faite, les représentants du SPVM sont partis.

«Je suis en train de me demander si aujourd’hui, au Québec, il faut être avocat pour ne pas se faire traiter de cette façon-là. Si j’avais été Monsieur ou Madame Tout-le-monde, ça aurait pu dégénérer», estime le juriste.

Selon Ian Lafrenière, porte-parole du SPVM, il y avait une intervention antidrogue menée par le groupe Éclipse le soir de l'événement.

On précise aussi que les policiers ont le droit d'intervenir auprès d'automobilistes pour faire appliquer le code de la sécurité routière.

Arrêté pour avoir visité un appartement

Rodriguez Berthelus, agent immobilier et participant à l'action collective, a lui aussi témoigné sur les ondes de LCN de comportements semblables de la part de policiers du SPVM.

Le 17 mars dernier, M. Berthelus allait visiter une propriété. À sa sortie d'un appartement, il a été interpellé par l’occupante d’un des logements visités, qui lui a demandé ce qu’il faisait sur place.

«J’ai répondu que j’avais la clé pour visiter le logement», raconte-t-il.

La femme a ensuite demandé à M. Berthelus d’attendre afin d’effectuer des vérifications.

L’agent immobilier a attendu un certain temps avant de partir, puisqu’il avait d’autres visites à faire, et ce, malgré les objections de l’occupante du logement, qu’il aurait «tassé» pour se rendre à son véhicule.

À son retour à la maison, des agents de la police de Longueuil l’ont intercepté à la demande du SPVM, qui l’a plus tard mis en état d’arrestation pour voie de fait et entrée par infraction.

«Le pire dans tout ça, c’est que quand je suis rentré à la maison c’est que mes enfants pleuraient [...] quand j’ai pris mon fils dans mes bras, il m’a dit : ‘‘papa, t’es pas mort?’’», raconte M. Berthelus.