/sports/ski
Navigation

Une sortie en famille

Alex Harvey marquera la 1re édition de la Loppet du Mont-Sainte-Anne

Alex Harvey et son père Pierre posent aux abords de la piste qui porte leur nom et d’où s’élancera samedi l’épreuve de 48 km de la Loppet du Mont-Sainte-Anne.
Photo Alain Bergeron Alex Harvey et son père Pierre posent aux abords de la piste qui porte leur nom et d’où s’élancera samedi l’épreuve de 48 km de la Loppet du Mont-Sainte-Anne.

Coup d'oeil sur cet article

Il y en aura des orgueilleux, une majorité plus silencieuse et réaliste, peut-être aussi quelques fanfarons. Avec un champion du monde nommé Alex Harvey posté à l’avant, les participants à la première édition de la Loppet du Mont-Sainte-Anne, samedi, trouveront le terrain voulu pour tester leur ego.

Plus de 325 adeptes de ski de fond ont déjà confirmé leur présence à ce défi printanier organisé par la firme Gestev, confiante d’atteindre l’objectif de 500 amateurs de la glisse.

On dit « amateur » parce que c’est exclusivement à cette clientèle que s’adresse cette journée de courses populaires inspirée des grandes classiques du genre en Europe, dont la vénérable Vasaloppet en Suède, qui a attiré plus de 13 000 participants le 3 mars dernier. Un ou deux « pros » qu’on appelle Alex Harvey et Anne-Marie Comeau, un mois après leurs Jeux olympiques de Pyeongchang, s’envoleront aussi dans la forêt durant l’épreuve la plus costaude de 48 km.

« Ben oui, je ne veux pas me faire battre », avise Harvey, sourire en coin, quand on lui demande l’importance que revêt pour lui cette première édition.

« C’est rare qu’il ne veut pas gagner. Je ne me souviens pas l’avoir vu ne pas vouloir gagner une course », ajoute son père, Pierre.

Pour la promotion du sport

Il y a ici un fond de vérité, mais on a compris que la victoire à cet événement devient relative pour le quintuple médaillé à des championnats du monde. Sa présence évoque le côté bon enfant de cette Loppet et son objectif de promotion du sport, avec six épreuves de 1,5 km à 48 km. La journée se déroulera sur le terrain de jeu de la famille des Harvey, avec Alex et sa conjointe Sophie Ringuet, sa sœur Sophie et son père Pierre, tous réunis dans le même exercice de 48 km.

« Je ne pensais pas faire ça un jour, mais c’est le fun que ça arrive. C’est sûr que je vais l’écrire, celle-là », avoue le célèbre paternel, premier réel ambassadeur des deux planches avant que le fiston lui ravisse ce statut depuis quelques années.

« L’occasion est bonne, il n’y a pas de doute », conçoit Alex, pour associer le nom de la famille à cet événement.

« Ça aide à la promotion du sport. C’est un événement qui incite au dépassement de soi. Si une personne peut faire une sortie de 30 km, elle s’inscrit alors pour le 48 km. Ça amène les gens à dépasser leur limite », dit-il.

Avis aux intéressés

Cette sortie en famille marquera le début du seul mois de repos d’entraînement de celui qui a terminé quatrième au classement général de la Coupe du monde. On le devine capable de donner un dernier coup de reins avant ses 10 jours de vacances à Hawaï.

Quand un skieur de son niveau s’impose une charge hebdomadaire de plus de 15 heures et 200 kilomètres d’entraînement, tout ça entre ses fins de semaine de courses, on cherche parmi les quelque 75 inscriptions du 48 km en style libre celui ou celle qui se proposera pour lui tenir tête.

« À mon maximum, je ne vais même pas à la moitié de sa vitesse. S’il s’en va bien tranquillement, moi je suis à 170 pulsations cardiaques par minute, et lui seulement à 120 », nous rappelle Pierre, qui prend soin de nous rappeler qu’il a fêté ses 61 ans la semaine dernière.

Pour les férus de statistiques, le dimanche 5 mars 2017 à Lahti, en Finlande, Alex Harvey a signé le chrono le plus rapide dans l’histoire des championnats du monde lors de sa victoire au 50 km : 1 h 46 min 29 s.

Sur ce, bonne randonnée, messieurs et mesdames...

 

1er devant 10 000 concurrents !

 

Dans leur souhait de voir la Loppet du mont Sainte-Anne prospérer et rallier le circuit mondial, les organisateurs trouveront chez les Harvey les premiers informés de l’importance de ces grands rassemblements de ski de fond.

Pierre Harvey venait de gagner une épreuve de 30 km à la Coupe du monde de Falun, en Suède, au printemps de 1987. Avant de rentrer au Québec, il avait tenté son coup à la prestigieuse Birkebeiner, un marathon de 54 km en style classique entre Rena et Lillehammer, en Norvège. Qu’il a gagné !

« Je me souviens qu’il y avait plus de 10 000 skieurs à la ligne de départ. Les plus âgés partaient les premiers, et moi, dans l’avant-dernier groupe. Dans les montées, il fallait se frayer un chemin parce qu’il pouvait y avoir une dizaine de skieurs sur toute la largeur », raconte l’illustre athlète.

Aucune bourse ne venait avec cette victoire. Seulement l’honneur. Et le privilège d’être accompagné en fin de course par des soldats du pays.

Alex : peut-être

La Worldloppet regroupe une série de 20 courses de ski de fond sur quatre continents avec, parmi les plus prestigieuses, celles disputées en Scandinavie, mais aussi la Gatineau Loppet en Outaouais, en vigueur depuis 1979.

Des grands noms de la Coupe du monde mettent leur saison entre parenthèses pour participer à l’un de ces monuments. Le Norvégien Martin Johnsrud Sundby, ténor du circuit mondial, a notamment remporté la Birkebeiner en 2017.

« C’est quelque chose que j’aimerais faire, mais pas tant que je serai sur le circuit de la Coupe du monde », avise Alex.