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La fierté pour une médaille de... bois

Plus de 700 participants à la première édition de la Loppet Mont Sainte-Anne

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« C’est ma femme qui me l’a suggéré : pourquoi tu ne la ferais pas signer par Alex, ta médaille ? »

Jean-Philippe Reis venait de terminer troisième parmi les 23 participants du 10 km en style classique à la Loppet du Mont Sainte-Anne.

Il lui restait assez de carburant pour adhérer à la suggestion de sa conjointe, Marie-Hélène Bourgault. Le couple de Lachine a donc fait la file comme des enfants devant un présentoir de chocolats afin que le skieur le plus en vue du jour, Alex Harvey, appose sa griffe sur sa médaille.

Une médaille tout de bois, ça peut accueillir l’autographe d’un champion du monde ! Ça devient une récompense originale dans un événement original pour l’histoire du ski de fond au Québec, auquel 689 adeptes ont participé, samedi, sans compter la cinquantaine d’enfants qui se sont élancés dans les distances plus modestes.

Une première concluante

Était-ce le ciel sans nuage ou la présence de l’ambassadeur numéro 1 de la glisse, Alex Harvey ? Toujours est-il que la demande a dépassé l’offre pour cette première édition. Tellement que les organisateurs ont dû refuser une centaine d’arrivées à la dernière minute.

L’afflux soudain a contraint les gros appétits pour le marathon de 48 km en style libre, comme Harvey et les 145 hommes et 20 femmes, à repousser leur départ de 45 minutes.

« Dans nos têtes de rêveurs, au début on avait fixé le nombre espéré à 1000 participants. À un mois de l’événement, on a toutefois revu notre objectif à la baisse en se disant que 500, ce serait plus réaliste. Mais en début de semaine, on a paniqué un peu en sachant qu’on avait seulement une centaine d’inscriptions. Ç’a explosé ensuite ! En avoir eu 700, c’est satisfaisant pour une première », a partagé le président de Gestev, Patrice Drouin.

De grands courtisés en 2019

Des enfants aux rêves d’adultes et des adultes au cœur d’enfant ont skié à cette première qui pourrait faire des petits. Les organisateurs souhaitent positionner leur événement dans le circuit des grands classiques du monde. L’an prochain, avec comme coïncidence les finales de la Coupe du monde de ski de fond prévues sur les plaines d’Abraham, les promoteurs tireront sur la manche des gros noms de ce sport pour les inviter à prolonger leur séjour d’une semaine et à transporter leurs spatules dans les forêts de Saint-Ferréol-les-Neiges.

Alex Harvey pourrait être le premier à vendre l’événement auprès de ses pairs au sommet de la hiérarchie mondiale. Il a mesuré la portée de la journée de samedi sur son sport, un impact qu’il aurait aimé vivre lui-même quand il était adolescent.

« Ça m’aurait confirmé plus tôt que je suis dans le bon sport. Il a fallu que j’aille faire des courses en Europe pour vraiment voir que ça peut aussi être un sport populaire », a exprimé l’athlète de 29 ans, soufflant à peine après son effort de 2 h 4 min.

Victoire facile

Pour ceux qui se posent la question : oui, Harvey a aisément remporté l’exercice de 48 km. Dans des conditions glacées et rapides – certains, comme l’apôtre québécois de l’activité physique Pierre Lavoie, ont même piqué du nez dans des descentes –, il a survolé le parcours. Son ami et ex-coéquipier Frédéric Touchette a été le plus près à s’en approcher, plus de cinq minutes derrière lui.

Après les médias, des bonjours et des photos avec des enfants qui le réclamaient, Harvey a filé à la maison pour une douche afin de revenir à la ligne d’arrivée. Juste à temps pour accueillir sa conjointe Sophie Ringuet, son père Pierre et sa sœur Sophie, entrés plus de 50 minutes plus tard !