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En panne de dignité humaine

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Aujourd’hui, jour de réjouissance pour les chrétiens qui célèbrent la résurrection, j’ai mal à l’âme. J’aurais beau m’immerger dans une piscine d’eau de Pâques, cette sensation d’être couverte d’une substance poisseuse et nauséabonde ne me quitterait pas.

Pour être franche, mon époque me tue.

Notre civilisation ne manque pourtant pas d’intérêt : la médecine a élucidé la plupart des mystères du corps humain et l’astrophysique sait ce qui se cache au fond des trous noirs. Les Terriens se connaissent mieux que jamais — merci, Boeing, Airbus, etc. —, mais s’aiment-ils plus — et mieux — les uns les autres ?

L’inhumanité

Mais aujourd’hui, ce qui gruge mon bonheur de vivre, c’est d’assister à la déconstruction de ce qui fait de nous des êtres humains, un travail de fond entrepris par des progressistes décérébrés qui voudraient nous remplacer par des humanoïdes dégenrés et libérés de toute contrainte morale habitant une société d’hyperconsommation où tout, y compris la vie, s’achète et se vend.

L’intention progressiste était pourtant bonne : reconnaître et respecter toutes les expériences et les identités humaines pour atteindre tout au moins l’égalité des chances. Mais, excités par des possibilités inespérées nées de la rencontre de la technologie et de l’argent, voulant aller le plus loin possible, nous sommes en plein dérapage incontrôlé.

Que ce soit la théorie du genre qui veut en finir avec le masculin et le féminin, ou la location du ventre des femmes pour fabriquer des bébés pour couples gais, tout en moi dit non à ces formes de « progrès », autant d’attaques frontales contre les femmes que d’atteintes à la dignité humaine.

Ainsi, la procréation assistée devrait être limitée aux couples infertiles pour qui il s’agit d’un problème médical et non pas une aventure de réingénierie sociale.

Quels droits ?

Le droit à l’enfant n’existe pas, mais des milliers d’orphelins attendent la famille à laquelle ils ont droit. Et tous les enfants ont le droit de connaître leur filiation. Les promoteurs de la gestation pour autrui et de la procréation assistée n’en parlent jamais.

Dans mon lit, hier, j’imaginais une conversation entre un enfant conçu avec un ovule acheté aux États-Unis et porté par une femme payée pour le couver, et ses deux papas. « C’est qui, ma mère ? Tout le monde a une mère ! Pourquoi pas moi ? »

« Va chercher le catalogue sur la table à café, je vais te la montrer... »

Dans cette vision des choses, même la mère, socle de l’humanité, n’existe plus. Seuls les besoins du « client » comptent.

Maman !

Dans son argumentaire pour la décriminalisation de la rémunération des mères porteuses et de la vente d’ovules ou de sperme, le député libéral montréalais Anthony Housefather prétend que les lois actuelles ne reflètent plus les besoins de la société, en particulier ceux des couples gais. Selon lui, permettre les mères porteuses représente une émancipation pour les femmes ainsi qu’une façon de gagner de l’argent.

Pardon ?

Voulez-vous bien me dire qui a mis un projet de loi de cette nature entre les mains d’un homme célibataire sans enfants, si je me fie à son site, qui réfléchit avec la subtilité d’une pépine ?