/entertainment/shows
Navigation

Émile Proulx-Cloutier: un flot d’émotions

Émile Proulx-Cloutier
Photo Agence QMI, Sébastien St-Jean Émile Proulx-Cloutier

Coup d'oeil sur cet article

MONTRÉAL | Émile Proulx-Cloutier est très présent au petit écran (Boomerang, Blue Moon, Faits divers, Plan B) comme au grand (La Bolduc, Nous sommes les autres). Entre sa famille et deux tournages, il s’adonne aussi à la chanson. Sa Marée haute, son second opus sorti l’automne dernier, a déferlé dans le Théâtre Outremont mercredi. Une prestation à la mesure de ses talents.

Le comédien en plein contrôle a commencé à déballer avec aplomb le fruit de quatre ans d’écriture, à commencer par la première piste de l’opus, La petite valise, et son rap Les murs et la mer.

Émile Proulx-Cloutier
Photo Agence QMI, Sébastien St-Jean

Des contes et du charisme

Comme dans les paroles de sa poignante Derniers mots, où un père entre dans le dernier droit de son existence, le charismatique conteur a «plus d’un tour dans son ressac» – des anecdotes, des monologues et une bonne dose d’humour – pour nous immerger dans son univers.

Sa voix et ses paroles se défendent très bien sur scène, certes. Reste que sa théâtralité est sans contredit l’instrument qu’il manie le mieux.

D’ailleurs, rien n’est laissé au hasard ni ne part à la dérive. La première partie a été finement tissée et s’appuie sur des pièces maîtresses, dont «Maman», sa version en français, innu et algonquin de Mommy, Daddy de Marc Gélinas et Gilles Richer offerte lors de sa précédente tournée, ainsi que la chanson titre de sa première offrande, Aimer les monstres. Et que dire de La force océane, un slam évoquant la condition féminine balancé juste avant l’entracte et qui a été récompensé d’applaudissements bien nourris.

Même les moments en apparence improvisés coulent de source. L’artiste, bien ancré au piano ou debout derrière son micro, nous garde captifs dans ses pensées, son flot continu d’émotions, comme lorsqu’il a entonné, d’abord a capella, Le pas si léger.

Émile Proulx-Cloutier
Photo Agence QMI, Sébastien St-Jean

Un GPS sans filtre

Dans une mise en scène minimaliste, les ambiances s’enchaînent. Au gré des mots, des intonations, de cet accent personnel, pesé et assumé, on passe du calme aux eaux troubles. D’histoires personnelles, comme Les retrouvailles guidée par un GPS sans filtre, à un discours à portée sociale. Le tout porté par les magnifiques orchestrations des musiciens Étienne Ratthé, Benoit Rocheau, Guido Del Fabbro et Guillaume Bourque.

On ne peut s’empêcher de voir en Émile Proulx-Cloutier un des dignes héritiers de Claude Léveillée, épris autant du jeu que de la chanson française. Une traversée dans sa Marée haute vaut le coup, assurément.